Mathématiques

Fiche de révision complète pour les maths au bac

📊Chapitre 1 : Limites de Suites

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Notion de suite : Fonction de ℕ dans ℝ, notée (un)
  • Suites arithmétiques : un+1 = un + r avec terme général un = u0 + nr
  • Suites géométriques : un+1 = q · un avec terme général un = u0 · qn

Une suite (un) converge vers un réel ℓ si tout intervalle ouvert contenant ℓ contient tous les termes un à partir d'un certain rang.

Notation : lim(n→+∞) un = ℓ

Cela signifie que plus n devient grand, plus un se rapproche de ℓ.

La convergence d'une suite est un concept fondamental en analyse. Définition précise (définition ε-N) :

La suite (un) converge vers ℓ si pour tout ε > 0, il existe un rang N tel que pour tous n ≥ N, on a |un - ℓ| < ε.

Cette définition garantit que à partir d'un certain rang N, tous les termes de la suite sont à une distance inférieure à ε de la limite ℓ.

Exemple :

Soit un = 1/n. Cette suite converge vers 0.

Pour tout ε = 0,01, on peut choisir N = 100. Alors pour tout n ≥ 100, |un - 0| = 1/n ≤ 1/100 = 0,01 < ε.

Une suite diverge si elle n'est pas convergente. Elle peut :

  • Diverger vers +∞
  • Diverger vers -∞
  • Osciller (sans limite)

Divergence vers +∞

La suite (un) diverge vers +∞ si pour tout M > 0, il existe un rang N tel que pour tous n ≥ N, un > M.

Exemple : un = n diverge vers +∞

Divergence vers -∞

La suite (un) diverge vers -∞ si pour tout M < 0, il existe un rang N tel que pour tous n ≥ N, un < M.

Exemple : un = -n diverge vers -∞

Oscillation

Une suite peut osciller sans converger ni diverger vers l'infini.

Exemple : un = (-1)n oscille entre -1 et 1

Soit (un), (vn), (wn) trois suites. Si :

  • Pour tout n ≥ n₀ : un ≤ vn ≤ wn
  • lim(n→+∞) un = lim(n→+∞) wn = ℓ

Alors : lim(n→+∞) vn = ℓ

Ce théorème est puissant car il permet de déterminer la limite d'une suite en la "comprimant" entre deux suites dont on connaît les limites.

Exemple d'application :

Soit vn = cos(n)/n. Montrer que lim(n→+∞) vn = 0.

On sait que -1 ≤ cos(n) ≤ 1

Donc : -1/n ≤ cos(n)/n ≤ 1/n

Or lim(n→+∞) -1/n = 0 et lim(n→+∞) 1/n = 0

Par le théorème des gendarmes : lim(n→+∞) cos(n)/n = 0

Soit (un) et (vn) deux suites avec un ≤ vn pour tout n ≥ n₀.

  • Si lim(n→+∞) un = +∞, alors lim(n→+∞) vn = +∞
  • Si lim(n→+∞) vn = -∞, alors lim(n→+∞) un = -∞

Ces théorèmes permettent d'utiliser une relation d'ordre pour transférer les propriétés de limite d'une suite à une autre.

Cas 1 : Minoration

Si un ≥ vn pour tout n et si lim(n→+∞) un = +∞, alors la minoration garantit que vn "monte" aussi vite qu'une suite divergente.

Cas 2 : Majoration

Si un ≤ vn pour tout n et si lim(n→+∞) vn = -∞, alors un doit aussi diverger vers -∞.

Exemple : Soit un = n² + sin(n). Montrer que lim(n→+∞) un = +∞.

On a : n² + sin(n) ≥ n² - 1 (puisque sin(n) ≥ -1)

Or lim(n→+∞) (n² - 1) = +∞

Par comparaison : lim(n→+∞) un = +∞

Suites de Référence
  • lim(n→+∞) 1/n = 0 ; lim(n→+∞) 1/np = 0 pour p ∈ ℕ*
  • lim(n→+∞) 1/√n = 0
  • lim(n→+∞) n = +∞ ; lim(n→+∞) np = +∞ pour p ∈ ℕ*
  • lim(n→+∞) √n = +∞
Suites Géométriques
  • Si q > 1 : lim(n→+∞) qn = +∞
  • Si q = 1 : lim(n→+∞) qn = 1
  • Si -1 < q < 1 : lim(n→+∞) qn = 0
  • Si q ≤ -1 : la suite n'a pas de limite (divergente)
Opérations sur les Limites
Opération Limite
un + vn ℓ + ℓ' (sauf si (+∞) + (-∞) : FI)
un × vn ℓ × ℓ' (sauf si ∞ × 0 : FI)
1/vn (si vn ≠ 0) 1/ℓ' si ℓ' ≠ 0 ; +∞ ou -∞ si ℓ' = 0
un/vn ℓ/ℓ' (sauf si ∞/∞ ou 0/0 : FI)

Cas d'indétermination (FI) : ∞/∞, ∞ - ∞, 0 × ∞, 0/0

Applications Types

Énoncé : Soit vn = cos(n)/n. Montrer que lim(n→+∞) vn = 0.

Solution :

Pour tout n > 0 : -1 ≤ cos(n) ≤ 1

Donc : -1/n ≤ cos(n)/n ≤ 1/n

Or, lim(n→+∞) -1/n = 0 et lim(n→+∞) 1/n = 0

Par le théorème des gendarmes, lim(n→+∞) vn = 0

Énoncé : Calculer lim(n→+∞) (3n² + 2n + 1)/(2n² - 5)

Solution :

(3n² + 2n + 1)/(2n² - 5) = [n²(3 + 2/n + 1/n²)]/[n²(2 - 5/n²)]

= (3 + 2/n + 1/n²)/(2 - 5/n²)

Quand n → +∞ : (3 + 0 + 0)/(2 - 0) = 3/2

Énoncé : Soit un = 5 × (2/3)n. Déterminer la limite.

Solution :

-1 < 2/3 < 1, donc lim(n→+∞) (2/3)n = 0

Par les opérations sur les limites : lim(n→+∞) un = 5 × 0 = 0

📈Chapitre 2 : Continuité d'une Fonction

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Notion de fonction : Application de ℝ dans ℝ
  • Limite d'une fonction en un point : lim(x→a) f(x) = L
  • Fonction dérivable en un point : f'(a) = lim(h→0) [f(a+h) - f(a)]/h

Soit f une fonction définie sur un intervalle I et a ∈ I.

f est continue en a si : lim(x→a) f(x) = f(a)

Cela signifie que la limite de f en a existe et égale la valeur f(a).

La continuité exprime l'idée intuitive qu'on peut tracer le graphe sans "lever le crayon".

Définition ε-δ : f est continue en a si pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tous x ∈ I avec |x - a| < δ, on a |f(x) - f(a)| < ε.

Cette définition garantit qu'en se rapprochant de a (à distance inférieure à δ), les images f(x) se rapprochent de f(a) (à distance inférieure à ε).

Exemple : f(x) = x² est continue en x = 2.

On a lim(x→2) x² = 4 = f(2), donc f est continue en 2.

f est continue sur I si elle est continue en tout point de I.

Une fonction continue sur tout un intervalle a des propriétés très fortes :

  • Son graphe est une courbe sans interruption
  • Elle atteint tous les valeurs intermédiaires entre ses extrémités (théorème des valeurs intermédiaires)
  • Si elle est définie sur un intervalle fermé borné [a,b], elle y atteint son maximum et son minimum

Théorème : Si f est dérivable sur un intervalle I, alors f est continue sur I.

Conséquence : La réciproque est fausse. Exemple : f(x) = |x| est continue en 0 mais non dérivable.

Démonstration intuitive

Si f est dérivable en a, alors f'(a) = lim(h→0) [f(a+h) - f(a)]/h existe.

Cela signifie que le taux d'accroissement se rapproche d'une valeur finie. Donc f(a+h) - f(a) se rapproche de 0 quand h → 0, ce qui signifie que f est continue en a.

Contre-exemple

f(x) = |x| : continue partout mais pas dérivable en 0

À gauche de 0, la pente est -1. À droite, la pente est +1. Il n'y a pas de tangente unique.

Implication pratique

Si une fonction n'est pas continue, elle ne peut pas être dérivable. Mais une fonction peut être continue sans être dérivable (à cause d'un "coin" ou d'une "pointe").

Les fonctions suivantes sont continues sur leur domaine :

  • Fonctions polynomiales : continues sur ℝ
  • Fonctions rationnelles : continues sur leur ensemble de définition
  • Fonction racine carrée : continue sur [0 ; +∞[
  • Fonction exponentielle : continue sur ℝ
  • Fonctions sinus et cosinus : continues sur ℝ

Opérations sur les fonctions continues

Si f et g sont continues sur I, alors :

  • f + g est continue sur I
  • f × g est continue sur I
  • f/g est continue sur I (si g ≠ 0 sur I)
  • f ∘ g est continue (si g l'est et f l'est sur l'image de g)
Polynômes

Tout polynôme P(x) = aₙxⁿ + ... + a₁x + a₀ est continu sur ℝ car c'est une combinaison de fonctions continues.

Fonctions rationnelles

Une fonction rationnelle f(x) = P(x)/Q(x) est continue sur ℝ sauf aux points où Q(x) = 0.

Fonction racine

√x est continue sur [0 ; +∞[. Il est important de noter que √x n'est pas définie pour x < 0 dans les réels.

Exponentielles et trigonométriques

eˣ, sin(x), cos(x) sont continues sur ℝ. Ce sont des fonctions "lisses" sans interruptions.

Théorème : Soit f une fonction continue sur un intervalle [a ; b].

Pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), il existe au moins un réel c ∈ [a ; b] tel que f(c) = k.

Cas particulier (théorème du changement de signe)

Si f est continue sur [a ; b] et f(a) × f(b) < 0, alors il existe c ∈ ]a ; b[ tel que f(c) = 0.

Ce théorème est l'un des plus importants de l'analyse. Il formalise l'idée qu'une fonction continue doit "passer par" toutes les valeurs intermédiaires.

Interprétation graphique

Le graphe d'une fonction continue reliant deux points (a, f(a)) et (b, f(b)) doit croiser la droite y = k pour tout k entre f(a) et f(b).

Unicité avec monotonie

Corollaire : Si f est continue et strictement monotone sur [a ; b], alors pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), l'équation f(x) = k admet une unique solution dans [a ; b].

Exemple : Soit f(x) = x³ - 2x + 1 continue sur ℝ.

f(0) = 1 > 0 et f(1) = 0.

Donc il existe une solution à f(x) = 0 dans [0 ; 1]. En fait, f(1) = 0, donc x = 1 est une solution.

Limites du théorème

Le TVI garantit l'existence mais pas l'unicité (sauf si on ajoute la monotonie). Une fonction peut passer par la même valeur plusieurs fois.

Applications Types

Énoncé : Montrer que l'équation x³ - 2x + 1 = 0 admet une solution dans [0 ; 1].

Solution :

Soit f(x) = x³ - 2x + 1. f est une fonction polynomiale, donc continue sur ℝ.

f(0) = 1 > 0 et f(1) = 1 - 2 + 1 = 0.

Donc f(1) = 0, la solution est x = 1.

Énoncé : Montrer que x³ = 3x + 1 admet exactement une solution sur ℝ.

Solution :

Soit f(x) = x³ - 3x - 1. f est polynomiale, donc continue sur ℝ.

f'(x) = 3x² - 3 = 3(x² - 1) = 3(x - 1)(x + 1).

f est strictement décroissante sur [-1 ; 1] et strictement croissante sur ]-∞ ; -1] et sur [1 ; +∞[.

Vérifier les valeurs aux extrêmes et utiliser la monotonie pour conclure l'unicité.

📉Chapitre 3 : Fonctions Dérivées

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Nombre dérivé : f'(a) = lim(h→0) [f(a+h) - f(a)]/h
  • Équation de la tangente en a : y = f'(a)(x - a) + f(a)
  • Dérivées usuelles : (xⁿ)' = nxⁿ⁻¹, (√x)' = 1/(2√x), (sin x)' = cos x, etc.

Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. La fonction dérivée f' est l'application qui, à tout x ∈ I, associe le nombre dérivé f'(x).

Notation : f' : I → ℝ, x ↦ f'(x)

La dérivée f'(x) représente le taux de variation instantané de f au point x. Géométriquement, c'est la pente de la tangente au graphe de f.

Si on trace le graphe de f, la dérivée f' donne la "vitesse" à laquelle y change quand x change.

Interprétation physique

Si f(t) représente la position d'un objet au temps t, alors f'(t) est la vitesse instantanée de cet objet.

Fonction f(x) Dérivée f'(x) Domaine de dérivabilité
c (constante) 0
xⁿ (n ∈ ℕ*) nxⁿ⁻¹
1/x -1/x² ℝ*
1/xⁿ (n ∈ ℕ*) -n/xⁿ⁺¹ ℝ*
√x 1/(2√x) ]0 ; +∞[
sin x cos x
cos x -sin x

Formules fondamentales

Ces formules sont dérivées de la définition de la dérivée. Par exemple, pour f(x) = xⁿ :

f'(x) = lim(h→0) [(x+h)ⁿ - xⁿ]/h = nxⁿ⁻¹
Notes importantes
  • La dérivée d'une constante est toujours 0
  • Pour les puissances négatives, 1/xⁿ = x⁻ⁿ, donc (x⁻ⁿ)' = -nx⁻ⁿ⁻¹
  • √x = x^(1/2), donc (√x)' = (1/2)x^(-1/2) = 1/(2√x)
  • Les fonctions trigonométriques sont périodiques et leurs dérivées aussi
  • eˣ est l'unique fonction égale à sa dérivée
Domaines de dérivabilité

Attention au domaine de dérivabilité ! Par exemple, √x n'est pas dérivable en 0 (la tangente est verticale).

Opération Dérivée
u + v u' + v'
k · u k · u'
u × v u'v + uv'
1/v (si v ≠ 0) -v'/v²
u/v (si v ≠ 0) (u'v - uv')/v²
uⁿ (n ∈ ℕ*) nu'uⁿ⁻¹

Règle du produit

(u × v)' = u'v + uv'

On dérive le premier et on laisse le second, plus on laisse le premier et on dérive le second.

Règle du quotient

(u/v)' = (u'v - uv')/v²

Mnémonique : "bas fois dérivée du haut moins haut fois dérivée du bas, le tout divisé par le bas au carré"

Règle de la chaîne (composition)

(u(v(x)))' = u'(v(x)) × v'(x)

On dérive de l'extérieur vers l'intérieur.

Exemple : f(x) = (3x² + 1)⁵

On pose u(x) = (3x² + 1)⁵ où u(v) = v⁵ et v(x) = 3x² + 1

u'(v) = 5v⁴ = 5(3x² + 1)⁴

v'(x) = 6x

f'(x) = 5(3x² + 1)⁴ × 6x = 30x(3x² + 1)⁴

Soit f une fonction dérivable sur I.

  • Si f'(x) > 0 pour tout x ∈ I, alors f est strictement croissante sur I
  • Si f'(x) < 0 pour tout x ∈ I, alors f est strictement décroissante sur I
  • Si f'(x) = 0 pour tout x ∈ I, alors f est constante sur I

Interprétation intuitive

La dérivée mesure la pente. Si la pente est positive partout, la fonction monte constamment. Si elle est négative partout, la fonction descend constamment.

Tableau de variations

Pour étudier les variations d'une fonction :

  1. Calculer f'(x)
  2. Trouver les zéros de f' (résoudre f'(x) = 0)
  3. Étudier le signe de f' sur chaque intervalle
  4. Dresser le tableau avec les flèches de variation
Extrema locaux

Si f admet un extremum local en x₀ ∈ I° (intérieur de I), alors f'(x₀) = 0.

Caractérisation : Si f'(x₀) = 0 et f'(x) change de signe en x₀, alors f(x₀) est un extremum local strict.

Applications Types

Énoncé : Soit f(x) = (3x² + 2)⁵. Calculer f'(x).

Solution :

f(x) = (u(x))⁵ avec u(x) = 3x² + 2

u'(x) = 6x

Par la règle de composition : f'(x) = 5(u(x))⁴ × u'(x) = 5(3x² + 2)⁴ × 6x = 30x(3x² + 2)⁴

Énoncé : Étudier les variations de f(x) = x³ - 3x et déterminer ses extrema.

Solution :

f'(x) = 3x² - 3 = 3(x² - 1) = 3(x - 1)(x + 1)

f' = 0 pour x = -1 et x = 1

Pour x < -1 : f'(x) > 0 (croissante)

Pour -1 < x < 1 : f'(x) < 0 (décroissante)

Pour x > 1 : f'(x) > 0 (croissante)

Donc f admet un maximum local en x = -1 (valeur f(-1) = 2) et un minimum local en x = 1 (valeur f(1) = -2)

📊Chapitre 4 : Fonction Exponentielle

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Équation différentielle : y' = y avec condition initiale y(0) = 1 définit la fonction exponentielle
  • Propriété fonctionnelle : e^(a+b) = e^a × e^b
  • Valeur numérique : e ≈ 2,718

La fonction exponentielle exp (ou x ↦ eˣ) est l'unique fonction dérivable sur ℝ satisfaisant :

  • exp'(x) = exp(x) pour tout x ∈ ℝ
  • exp(0) = 1

On note exp(x) = eˣ où e est la base de l'exponentielle.

Unicité de la solution

L'équation différentielle y' = y est très spéciale car elle demande que la fonction soit égale à sa propre dérivée. C'est une propriété extraordinaire !

Valeur du nombre e

e = 2,71828... est un nombre irrationnel, comme π.

On peut aussi définir e comme la limite :

e = lim(n→∞) (1 + 1/n)ⁿ
Pourquoi exponentielle ?

Les fonctions de la forme y = f(t) représentant des phénomènes de croissance ou décroissance proportionnelle satisfont y' = ky pour une constante k. La solution est y = Ce^(kt).

Exemples : croissance bactérienne, désintégration radioactive, refroidissement d'un objet.

Pour tous réels a et b :

  • e^(a+b) = e^a × e^b
  • e^(a-b) = e^a / e^b
  • e^(-b) = 1 / e^b
  • e^(na) = (e^a)ⁿ pour n ∈ ℤ

Règle de la somme des exposants

La propriété e^(a+b) = e^a × e^b est la plus importante. Elle dit que multiplier les images correspond à additionner les exposants.

Exemple :

e² × e³ = e^(2+3) = e⁵

e^(-2) = 1/e²

(e³)² = e⁶

Intérêt pratique

Ces propriétés permettent de simplifier les calculs avec des expressions exponentielles complexes.

  • La fonction eˣ est strictement croissante sur ℝ (car (eˣ)' = eˣ > 0)
  • lim(x→-∞) eˣ = 0
  • lim(x→+∞) eˣ = +∞
  • En 0 : lim(x→0) (eˣ - 1)/x = 1

Croissance stricte

Puisque (eˣ)' = eˣ et que eˣ > 0 pour tout x, la fonction eˣ est strictement croissante. Cela signifie que si x₁ < x₂, alors e^(x₁) < e^(x₂).

Comportement aux extrêmes

Quand x → -∞, eˣ → 0. C'est crucial pour comprendre pourquoi eˣ positive mais peut être arbitrairement proche de 0.

Quand x → +∞, eˣ → +∞ très rapidement (croissance exponentielle).

Limite importante

lim(x→0) (eˣ - 1)/x = 1 est la limite de la dérivée en 0 : c'est en fait e'(0) = e⁰ = 1.

Croissance comparée

L'exponentielle croît plus vite que n'importe quel polynôme :

lim(x→+∞) eˣ/xⁿ = +∞ pour tout n ∈ ℕ

Soit u une fonction dérivable. Alors :

(e^(u(x)))' = u'(x) · e^(u(x))

Règle de la chaîne pour exponentielle

C'est une application de la règle de la chaîne. Si f(x) = e^(u(x)), alors on pose v = e^t et t = u(x).

f'(x) = v'(t) · t'(x) = e^t · u'(x) = e^(u(x)) · u'(x)

Exemple 1 : f(x) = e^(3x)

u(x) = 3x, donc u'(x) = 3

f'(x) = 3 · e^(3x)

Exemple 2 : f(x) = e^(x²)

u(x) = x², donc u'(x) = 2x

f'(x) = 2x · e^(x²)

  • lim(x→+∞) eˣ/xⁿ = +∞ pour tout n ∈ ℕ (l'exponentielle croît plus vite qu'un polynôme)
  • lim(x→-∞) xⁿeˣ = 0 pour tout n ∈ ℕ
  • lim(x→0) (eˣ - 1)/x = 1

Hiérarchie de croissance

À l'infini positif, on a la hiérarchie :

constantes < logarithmes < polynômes < exponentielle

L'exponentielle "gagne" toujours.

Applications pratiques

Ces limites sont cruciales pour calculer des limites complexes de quotients impliquant eˣ.

Exemple : lim(x→+∞) (x² + x + 1)/eˣ

Par croissance comparée, le dénominateur croît plus vite que le numérateur, donc la limite est 0.

Applications Types

Énoncé : Soit f(x) = (x + 2)e^(-x). Étudier les variations de f.

Solution :

f(x) = (x + 2)e^(-x)

En utilisant la règle du produit : f'(x) = 1 · e^(-x) + (x + 2) · (-e^(-x)) = e^(-x)(1 - x - 2) = -e^(-x)(x + 1)

f'(x) = 0 pour x = -1

Pour x < -1 : f'(x) > 0 (croissante)

Pour x > -1 : f'(x) < 0 (décroissante)

Donc f admet un maximum en x = -1 avec f(-1) = e

Énoncé : Résoudre e^(2x) = 5

Solution :

e^(2x) = 5 ⟹ 2x = ln 5 ⟹ x = ln 5 / 2

Énoncé : Calculer lim(x→+∞) x²/eˣ

Solution :

Par croissance comparée, l'exponentielle croît plus vite que les polynômes.

Donc lim(x→+∞) x²/eˣ = 0

🔢Chapitre 5 : Suites Arithmétiques et Géométriques

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Suite arithmétique : un+1 = un + r où r est la raison
  • Suite géométrique : un+1 = q · un où q est la raison
  • Terme général arithmétique : un = u0 + nr
  • Terme général géométrique : un = u0 · qn

Définition : Une suite est arithmétique si la différence entre deux termes consécutifs est constante.

un+1 - un = r pour tout n (où r est la raison)

Terme général
  • Si le premier terme est u0 : un = u0 + nr
  • Si le premier terme est u1 : un = u1 + (n-1)r
Somme des (n+1) premiers termes

Sn = u0 + u1 + ... + un = [(n+1)(u0 + un)] / 2 = [(n+1)(2u0 + nr)] / 2

Variations
  • Si r > 0 : suite strictement croissante
  • Si r < 0 : suite strictement décroissante
  • Si r = 0 : suite constante

Interprétation graphique

Les points (n, un) sont alignés sur une droite de pente r. C'est une fonction affine discrétisée.

Formule de récurrence

Pour calculer rapidement un terme : un = u0 + nr, plutôt que de calculer tous les termes précédents.

Somme des entiers

Cas particulier important : 1 + 2 + 3 + ... + n = n(n+1)/2

Exemple : Soit un = 3n - 5

un+1 - un = 3(n+1) - 5 - (3n - 5) = 3

C'est arithmétique de raison r = 3 et u0 = -5

Somme des 6 premiers termes (n=0 à 5) :

S5 = 6(u0 + u5)/2 = 6(-5 + 10)/2 = 15

Propriété de la moyenne

Dans une suite arithmétique, chaque terme (sauf les extrêmes) est la moyenne arithmétique de ses voisins : un = (un-1 + un+1)/2

Définition : Une suite est géométrique si le quotient entre deux termes consécutifs est constant.

un+1 / un = q pour tout n (où q est la raison, un ≠ 0)

Terme général

un = u0 · qn

Somme des (n+1) premiers termes
  • Si q = 1 : Sn = (n+1)u0
  • Si q ≠ 1 : Sn = u0 · (1 - qn+1) / (1 - q)
Limites
  • Si |q| < 1 : lim(n→+∞) un = 0
  • Si q = 1 : lim(n→+∞) un = u0
  • Si q > 1 : lim(n→+∞) un = +∞ (si u0 > 0)
  • Si q ≤ -1 : pas de limite (oscillation ou divergence)

Croissance exponentielle

Les suites géométriques modélisent la croissance exponentielle (si q > 1) ou la décroissance (si 0 < q < 1).

Exemples d'applications
  • Intérêts composés en finance
  • Croissance bactérienne
  • Désintégration radioactive
  • Demi-vies
Somme d'une série géométrique infinie

Si |q| < 1, la somme infinie converge :

u0 + u0q + u0q² + ... = u0 / (1 - q)

Exemple 1 : Soit un = 4 × (1/2)n

un+1 / un = 1/2, donc géométrique de raison q = 1/2

Puisque |q| = 1/2 < 1, on a lim(n→+∞) un = 0

Exemple 2 : Somme infinie de 1 + 1/2 + 1/4 + 1/8 + ...

Somme = 1 / (1 - 1/2) = 2

Propriété de la moyenne géométrique

Dans une suite géométrique : un² = un-1 × un+1

Applications Types

Énoncé : Soit un = 3n - 5. Montrer que c'est une suite arithmétique et calculer S5 = u0 + u1 + u2 + u3 + u4 + u5

Solution :

un+1 - un = 3(n+1) - 5 - (3n - 5) = 3

Donc (un) est arithmétique de raison r = 3 et u0 = -5

S5 = [6(u0 + u5)] / 2 = [6(-5 + 10)] / 2 = (6 × 5) / 2 = 15

Énoncé : Soit un = 4 × (1/2)n. Déterminer la limite.

Solution :

un+1 / un = 1/2, donc (un) est géométrique de raison q = 1/2

Puisque |q| = 1/2 < 1, on a lim(n→+∞) un = 0

📈Chapitre 6 : Limites de Fonctions

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Notion de fonction et domaine de définition
  • Limite en un point fini : avec ou sans forme indéterminée
  • Opérations simples sur les limites

Soit f une fonction définie sur un intervalle du type ]a ; +∞[ et L un réel.

Dire que lim(x→+∞) f(x) = L signifie que tout intervalle ouvert contenant L contient toutes les valeurs f(x) pour x assez grand.

De même : lim(x→-∞) f(x) = L

Asymptote horizontale

Si lim(x→+∞) f(x) = L (ou lim(x→-∞) f(x) = L), alors la droite y = L est asymptote horizontale à la courbe.

Définition ε-N

lim(x→+∞) f(x) = L si pour tout ε > 0, il existe N > 0 tel que pour tous x > N, |f(x) - L| < ε.

Interprétation graphique

La courbe se rapproche de la droite y = L au fur et à mesure que x augmente. Les points de la courbe s'approchent arbitrairement près de la droite asymptote.

Exemple : f(x) = 1/x

lim(x→+∞) 1/x = 0

La courbe se rapproche de l'axe des x (y = 0) mais ne le touche jamais.

Asymptotes obliques

Parfois, la droite asymptote n'est pas horizontale. On parle d'asymptote oblique de la forme y = ax + b.

À l'infini :

lim(x→+∞) f(x) = +∞ signifie que tout intervalle du type ]A ; +∞[ contient toutes les valeurs f(x) pour x assez grand.

En un point (limite infinie) :

Limite à droite : lim(x→a⁺) f(x) = +∞ signifie que f(x) devient aussi grand que voulu lorsque x s'approche de a par la droite.

Asymptote verticale

Si lim(x→a⁺) f(x) = ±∞ ou lim(x→a⁻) f(x) = ±∞, la droite x = a est asymptote verticale.

Divergence vers l'infini

lim(x→+∞) f(x) = +∞ signifie que pour tout M > 0, il existe N > 0 tel que pour tous x > N, f(x) > M.

Limites latérales

Les limites à gauche (x→a⁻) et à droite (x→a⁺) peuvent être différentes. Une fonction peut avoir une asymptote verticale.

Exemple : f(x) = 1/(x - 3)

lim(x→3⁺) f(x) = +∞ (approche par la droite)

lim(x→3⁻) f(x) = -∞ (approche par la gauche)

La droite x = 3 est asymptote verticale.

Pôles simples vs pôles d'ordre supérieur

Un zéro au dénominateur peut donner une asymptote verticale. L'ordre de multiplicité du zéro affecte le comportement près du pôle.

Fonction lim(x→+∞) lim(x→0⁺)
1/x 0 +∞
1/xn (n ∈ ℕ*) 0 +∞
√x +∞ 0
+∞ 0 (en -∞)
sin x, cos x pas de limite oscillant

Puissances et inverses

Les fonctions puissance et leurs inverses sont des références essentielles pour analyser les limites.

Exponentielle et croissance

eˣ croît plus vite que n'importe quel polynôme (croissance comparée).

Trigonométriques

sin x et cos x oscillent infiniment, donc n'ont pas de limite quand x → ∞.

Racine carrée

√x diverge vers +∞ mais plus lentement que x.

Les mêmes règles qu'avec les suites s'appliquent aux limites de fonctions :

  • Somme, produit, quotient : le résultat dépend des limites individuelles
  • Formes indéterminées : ∞/∞, ∞ - ∞, 0 × ∞, 0/0
Cas d'indétermination

Quand on rencontre une FI, il faut utiliser des techniques spéciales : factorisation, conjugué, règle de l'Hôpital, etc.

Techniques de levée d'indétermination

Pour ∞/∞ (quotients polynomiaux) : Factoriser par le terme dominant.

Pour ∞ - ∞ (avec racines) : Utiliser la conjugaison.

Pour 0/0 : Factoriser le numérateur et dénominateur.

Exemple de ∞/∞ :

lim(x→+∞) (3x² - 2x + 1)/(5x² + x - 3)

Factoriser par x² :

= lim x²(3 - 2/x + 1/x²) / x²(5 + 1/x - 3/x²)

= (3 - 0 + 0)/(5 + 0 - 0) = 3/5

Limite de fonction composée

Si lim(x→a) f(x) = b et lim(x→b) g(x) = L, alors lim(x→a) (g ∘ f)(x) = L

Applications Types

Énoncé : Calculer lim(x→+∞) (2x² - 3x + 1)/(x² + 5)

Solution :

Factoriser par x² au numérateur et dénominateur :

(2x² - 3x + 1)/(x² + 5) = [x²(2 - 3/x + 1/x²)] / [x²(1 + 5/x²)]

= (2 - 3/x + 1/x²) / (1 + 5/x²)

Quand x → +∞ : (2 - 0 + 0) / (1 + 0) = 2

Donc la droite y = 2 est asymptote horizontale.

Énoncé : Soit f(x) = 1/(x - 3). Trouver les asymptotes.

Solution :

Le dénominateur s'annule en x = 3

lim(x→3⁺) f(x) = +∞ et lim(x→3⁻) f(x) = -∞

Donc la droite x = 3 est asymptote verticale.

Chapitre 7 : Primitives

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Notion de fonction dérivée et applications
  • Dérivées usuelles : (xⁿ)' = nxⁿ⁻¹, (eˣ)' = eˣ, etc.
  • Équation différentielle simple : lien entre fonction et sa dérivée

Définition : Soit f une fonction continue sur un intervalle I. On appelle primitive de f sur I toute fonction F dérivable sur I telle que F'(x) = f(x) pour tout x ∈ I.

Propriété fondamentale : Unicité à une constante près

Si F et G sont deux primitives de f sur I, alors il existe une constante C telle que G(x) = F(x) + C pour tout x ∈ I.

Conséquence : L'ensemble des primitives de f est de la forme {F(x) + C : C ∈ ℝ}

Théorème d'existence

Toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur I.

Intuition : opération inverse de la dérivation

La primitivation (intégration indéfinie) est l'opération inverse de la dérivation.

Si on dérive une primitive de f, on obtient f.

Pourquoi +C ?

La dérivée d'une constante est 0. Donc si F est une primitive de f, alors F + C l'est aussi pour n'importe quel C.

Par exemple, les primitives de 0 sont toutes les fonctions constantes.

Condition initiale

Si on veut une primitive particulière (une seule), on peut imposer une condition initiale : F(x₀) = y₀.

Alors F(x) = G(x) - G(x₀) + y₀, où G est une primitive quelconque.

Exemple : Trouver la primitive de f(x) = 2x telle que F(1) = 3

Les primitives de 2x sont F(x) = x² + C

Condition : F(1) = 1 + C = 3, donc C = 2

La primitive particulière est F(x) = x² + 2

Fonction f(x) Primitive F(x) Domaine
0 C
a (constante) ax + C
xⁿ (n ∈ ℕ) xn+1/(n+1) + C
1/x² -1/x + C ℝ*
1/xn (n ∈ ℕ*, n > 1) -1/[(n-1)xn-1] + C ℝ*
1/√x 2√x + C ]0 ; +∞[
sin x -cos x + C
cos x sin x + C
eˣ + C

Formule pour les puissances

Pour xⁿ avec n ≠ -1 :

∫ xⁿ dx = xn+1/(n+1) + C
Notes importantes
  • Ne jamais oublier le +C à la fin
  • 1/x = x⁻¹ est un cas spécial qui ne suit pas la formule (sa primitive est ln|x|)
  • Pour 1/x², on a (1/x²)' = -2/x³, donc sa primitive dépend du calcul
  • Les primitives de sin et cos sont opposées à leurs dérivées

Vérification : Primitive de x³ est x⁴/4 + C

Dérivée : (x⁴/4 + C)' = 4x³/4 = x³ ✓

Fonction Primitive
u' + v' u + v + C
k · u' k · u + C
u' × un (n ≠ -1) un+1/(n+1) + C
u'/u² -1/u + C
u'/un (n > 1) -1/[(n-1)un-1] + C
u'/√u 2√u + C (si u > 0)
u' × eu eu + C
u' × sin(u) -cos(u) + C
u' × cos(u) sin(u) + C

Linéarité

La primitive d'une somme est la somme des primitives. La primitive d'un multiple est le multiple de la primitive.

Technique de reconnaissance

Pour les primitives composées, on cherche à identifier u' (la dérivée de la fonction intérieure) multipliant une fonction de u.

Exemple 1 : Primitive de (2x)(x² + 1)³

On reconnaît u' × u³ avec u = x² + 1 et u' = 2x

Primitive = u⁴/4 + C = (x² + 1)⁴/4 + C

Exemple 2 : Primitive de e^(3x)

Ici u = 3x, u' = 3

Primitive de u' × e^u = e^u + C, mais on a seulement e^u, pas 3e^u

Il faut ajuster : (1/3) × 3 × e^(3x) = (1/3) × e^(3x)

Donc primitive = (1/3)e^(3x) + C

Vérification

Toujours vérifier en dérivant : si F'(x) = f(x), c'est bon !

Applications Types

Énoncé : Trouver les primitives de f(x) = 3x² + 2x - 5

Solution :

F(x) = 3 × (x³/3) + 2 × (x²/2) - 5x + C

= x³ + x² - 5x + C

Énoncé : Trouver la primitive de f(x) = 2x + 1 telle que F(1) = 3

Solution :

Les primitives de f sont F(x) = x² + x + C

Condition : F(1) = 1 + 1 + C = 3, donc C = 1

Donc F(x) = x² + x + 1

🔄Chapitre 8 : Convexité

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Dérivée et variations : Si f'(x) > 0 sur I, alors f est strictement croissante sur I
  • Tangente à une courbe : La tangente à Cf au point d'abscisse a a pour équation y = f'(a)(x - a) + f(a)
  • Extremum local : Si f'(a) = 0 et f' change de signe en a, alors f(a) est un extremum local

Fonction convexe : f est convexe sur I lorsque pour tous réels a et b de I, la partie de Cf entre les points A(a ; f(a)) et B(b ; f(b)) est située en dessous du segment [AB].

Fonction concave : f est concave sur I lorsque pour tous réels a et b de I, la partie de Cf entre les points A(a ; f(a)) et B(b ; f(b)) est située au-dessus du segment [AB].

Propriété géométrique (Tangentes)
  • f est convexe sur I ssi Cf est au-dessus de toutes ses tangentes sur I
  • f est concave sur I ssi Cf est en-dessous de toutes ses tangentes sur I

Intuition graphique

Une fonction convexe "sourit" (comme un U) : la courbe est bombée vers le haut.

Une fonction concave "fronce les sourcils" (comme un ∩) : la courbe est bombée vers le bas.

Interprétation physique

Une route convexe donne une sensation de "rebond". Une route concave donne une sensation d'"enfoncement".

Lien avec les tangentes

Pour une fonction convexe, les tangentes restent toujours sous la courbe. C'est une propriété puissante pour les approximations.

Exemples

f(x) = x² est convexe sur ℝ (elle est bombée vers le haut)

f(x) = -x² est concave sur ℝ (elle est bombée vers le bas)

f(x) = x³ change de convexité en x = 0

Définition de dérivée seconde

Soit f dérivable sur I et f' sa fonction dérivée. Si f' est aussi dérivable sur I, la dérivée de f' s'appelle la dérivée seconde de f, notée f'' ou d²f/dx².

Théorème fondamental (Convexité et Dérivée Seconde)

Soit f une fonction deux fois dérivable sur I :

  • Si f''(x) ≥ 0 pour tout x ∈ I, alors f est convexe sur I
  • Si f''(x) ≤ 0 pour tout x ∈ I, alors f est concave sur I

Calcul de la dérivée seconde

Pour f(x) = x³ :

f'(x) = 3x²

f''(x) = 6x

Interprétation de f''

Si f'(x) représente la "vitesse", alors f''(x) représente l'"accélération".

Une accélération positive (f'' > 0) signifie que la pente s'accroît, d'où la convexité.

Démonstration intuitive

On considère la fonction d(x) = f(x) - [f'(a)(x - a) + f(a)] qui mesure l'écart entre la courbe et la tangente au point a.

On a d'(x) = f'(x) - f'(a) et d''(x) = f''(x).

Si f''(x) ≥ 0, alors d' est croissante avec d'(a) = 0, donc d atteint son minimum en a avec d(a) = 0.

Ainsi d(x) ≥ 0 pour tout x, ce qui signifie que la courbe est au-dessus de la tangente.

Exemple : f(x) = eˣ

f'(x) = eˣ

f''(x) = eˣ > 0 pour tout x

Donc eˣ est convexe sur ℝ

Définition : Un point d'inflexion est un point de Cf où la fonction f change de convexité.

Théorème

En un point d'inflexion d'abscisse a, la courbe traverse sa tangente et f''(a) = 0.

Méthode pour trouver les points d'inflexion
  1. Calculer f''(x)
  2. Résoudre f''(x) = 0
  3. Vérifier que f'' change de signe au point trouvé

Important : Condition nécessaire vs suffisante

⚠️ f''(a) = 0 est nécessaire MAIS PAS suffisante pour avoir un point d'inflexion !

Il faut aussi que f'' change de signe.

Contre-exemple : f(x) = x⁴

f''(x) = 12x²

f''(0) = 0

Mais f''(x) ≥ 0 pour tout x, donc pas de changement de signe.

x = 0 n'est PAS un point d'inflexion.

Propriété de la tangente au point d'inflexion

Contrairement aux tangentes des points réguliers, la tangente au point d'inflexion traverse la courbe. C'est un indicateur visuel utile.

Exemple : f(x) = x³

f'(x) = 3x²

f''(x) = 6x

f''(0) = 0 et f'' change de signe (négatif pour x < 0, positif pour x > 0)

Donc (0, 0) est un point d'inflexion.

Applications Types

Énoncé : Soit f(x) = x³ - 3x² + 1 définie sur ℝ.

Solution rapide :

f'(x) = 3x² - 6x

f''(x) = 6x - 6 = 6(x - 1)

f''(x) = 0 ⟹ x = 1

Tableau de signe de f'' :

  • Pour x < 1 : f''(x) < 0 ⟹ f concave
  • Pour x > 1 : f''(x) > 0 ⟹ f convexe

Cf admet un point d'inflexion en x = 1 avec f(1) = -1, soit au point (1 ; -1)

Énoncé : Soit f(x) = eˣ. Montrer que Cf est au-dessus de sa tangente en 0.

Solution rapide :

f'(x) = eˣ et f''(x) = eˣ > 0 pour tout x ∈ ℝ

f est convexe sur ℝ

La tangente en 0 a pour équation y = f'(0)(x - 0) + f(0) = 1 · x + 1 = x + 1

Comme f est convexe, Cf est au-dessus de toutes ses tangentes

Donc eˣ ≥ x + 1 pour tout x ∈ ℝ

🎲Chapitre 9 : Probabilités Conditionnelles & Indépendance

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Probabilité d'un événement : p(A) = (nombre d'issues favorables) / (nombre total d'issues)
  • Probabilité d'une intersection : p(A ∩ B) = p(A) × pA(B) où pA(B) est la probabilité de B sachant A
  • Événement contraire : p(Ā) = 1 - p(A)

Définition : Soient A et B deux événements d'une même expérience aléatoire tels que p(A) ≠ 0. La probabilité de B sachant A est le nombre noté pA(B) défini par :

pA(B) = p(A ∩ B) / p(A)

Elle représente la probabilité que l'événement B se réalise sachant que A s'est réalisé.

Conséquence immédiate
p(A ∩ B) = pA(B) × p(A) = pB(A) × p(B)

Intuition

La probabilité conditionnelle se lit "la probabilité que B arrive SACHANT que A est arrivé".

C'est comme si on restreint l'univers aux cas où A s'est produit, et on calcule quelle fraction de ces cas contient aussi B.

Exemple pratique

Une urne contient 10 jetons : 2 bleus, 5 noirs et 3 rouges.

On tire successivement 2 jetons sans remise.

A = "le premier jeton est bleu", B = "le deuxième jeton est bleu"

p(A) = 2/10 = 1/5

pA(B) = 1/9 (car après avoir tiré un bleu, il ne reste qu'1 bleu sur 9 jetons)

p(A ∩ B) = (1/5) × (1/9) = 1/45

Arbre pondéré

Les arbres pondérés sont des outils visuels pour représenter les probabilités conditionnelles.

On note les probabilités sur les branches et on multiplie les probabilités le long des chemins.

Définition : Deux événements A et B sont incompatibles (ou mutuellement exclusifs) lorsqu'ils ne peuvent pas se réaliser en même temps, c'est-à-dire A ∩ B = ∅.

Propriété : Si A et B sont incompatibles, alors pA(B) = 0.

Cas particuliers
  • pA(A) = 1
  • pA(B̄) = 1 - pA(B)

Visualisation

Deux événements incompatibles ont des diagrammes de Venn qui ne se chevauchent pas.

Exemple

En lançant un dé :

A = "obtenir un nombre pair" et B = "obtenir 3"

A et B sont incompatibles car 3 est impair.

p(A ∩ B) = 0

Distinction importante

⚠️ Incompatible ≠ Indépendant !

Deux événements incompatibles sont nécessairement dépendants (si l'un arrive, l'autre ne peut pas).

Définition de partition : Des ensembles C₁, C₂, ..., Cₙ forment une partition de l'ensemble E lorsque les Cᵢ sont deux à deux disjoints et C₁ ∪ C₂ ∪ ... ∪ Cₙ = E.

Théorème (Probabilités Totales)

Soit E un ensemble muni d'une loi de probabilité P et C₁, C₂, ..., Cₙ des ensembles de probabilité non nulle formant une partition de E. Pour tout événement A de E :

p(A) = p(A ∩ C₁) + p(A ∩ C₂) + ... + p(A ∩ Cₙ)

ou encore :

p(A) = pC₁(A) × p(C₁) + pC₂(A) × p(C₂) + ... + pCₙ(A) × p(Cₙ)

Intuition

La formule des probabilités totales dit que pour calculer p(A), on peut "conditionner" sur une partition et faire la somme.

C'est utile quand A peut arriver de plusieurs façons, par plusieurs chemins différents.

Cas particulier : partition en A et Ā

p(B) = pA(B) × p(A) + pĀ(B) × p(Ā)

Exemple : Dans une classe, 60% des élèves font du sport (S) et 40% n'en font pas (S̄).

Parmi ceux qui font du sport, 80% ont de bonnes notes (N).

Parmi ceux qui ne font pas de sport, 50% ont de bonnes notes.

Quelle est la probabilité qu'un élève ait de bonnes notes ?

p(N) = pS(N) × p(S) + p(N) × p(S̄)

= 0,8 × 0,6 + 0,5 × 0,4

= 0,48 + 0,2 = 0,68

Utilité pratique

Cette formule est essentielle pour résoudre les problèmes complexes d'arbres pondérés.

Définition : Deux événements A et B sont indépendants lorsque :

p(A ∩ B) = p(A) × p(B)
Propriété équivalente

Si p(A) ≠ 0 et p(B) ≠ 0, alors A et B sont indépendants si et seulement si :

pA(B) = p(B) ou pB(A) = p(A)
Propriété importante

Si A et B sont indépendants, alors A et B̄ sont aussi indépendants.

Intuition

A et B sont indépendants si la réalisation de l'un n'affecte pas la probabilité de l'autre.

Mathématiquement, cela veut dire que pA(B) = p(B) : la probabilité de B ne change pas si on sait que A s'est réalisé.

Exemples

Indépendants : Lancer deux dés. Le résultat du premier n'affecte pas le second.

Dépendants : Tirer deux cartes sans remise. Le résultat du premier tirage affecte le second.

Démonstration de la propriété d'indépendance de A et B̄

Soit A et B indépendants. Puisque B et B̄ forment une partition :

p(A) = p(A ∩ B) + p(A ∩ B̄) = p(A) × p(B) + p(A ∩ B̄)

Donc : p(A ∩ B̄) = p(A) × [1 - p(B)] = p(A) × p(B̄)

Ce qui prouve l'indépendance.

Exemple : Soit A = "la pièce tombe sur Pile" et B = "la pièce tombe sur Face"

A et B sont incompatibles (donc dépendants).

p(A) = 1/2, p(B) = 1/2, p(A ∩ B) = 0

1/4 ≠ 0, donc ils ne sont pas indépendants.

Applications Types

Énoncé : Une urne contient 10 jetons : 2 bleus, 5 noirs et 3 rouges. On tire successivement 2 jetons sans remise. Calculer la probabilité de tirer un bleu au deuxième tirage sachant que le premier est bleu.

Solution rapide :

Après le premier tirage bleu, il reste 9 jetons (1 bleu, 5 noirs, 3 rouges).

pB1(B2) = 1/9

Énoncé : Dans une classe, 60% des élèves font du sport (S) et 40% n'en font pas. Parmi ceux qui font du sport, 80% ont de bonnes notes. Parmi ceux qui ne font pas de sport, 50% ont de bonnes notes. Quelle est la probabilité qu'un élève ait de bonnes notes (N) ?

Solution rapide :

S et S̄ forment une partition.

p(N) = pS(N) × p(S) + p(N) × p(S̄)

= 0,8 × 0,6 + 0,5 × 0,4

= 0,48 + 0,2 = 0,68

Énoncé : Soit deux événements A et B avec p(A) = 0,3, p(B) = 0,4 et p(A ∩ B) = 0,12. Sont-ils indépendants ?

Solution rapide :

p(A) × p(B) = 0,3 × 0,4 = 0,12

Puisque p(A ∩ B) = 0,12 = p(A) × p(B), les événements sont indépendants.

📐Chapitre 10 : Trinôme du Second Degré

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Forme développée : P(x) = ax² + bx + c avec a ≠ 0
  • Équation du second degré : ax² + bx + c = 0
  • Discriminant : Δ = b² - 4ac
    • Si Δ > 0 : deux solutions réelles distinctes x = (-b ± √Δ) / (2a)
    • Si Δ = 0 : une solution unique x = -b / (2a)
    • Si Δ < 0 : aucune solution réelle

Définition : Un trinôme du second degré est un polynôme de la forme P(x) = ax² + bx + c où a, b, c sont des réels et a ≠ 0.

Définition : Une racine du trinôme est un nombre réel r tel que P(r) = 0.

Forme Canonique

Tout trinôme P(x) = ax² + bx + c peut s'écrire sous la forme :

P(x) = a(x - α)² + β

où α = -b/(2a) et β = (4ac - b²)/(4a) = -Δ/(4a)

Démonstration de la forme canonique (complément du carré)

P(x) = a[x² + (b/a)x + c/a]

= a[(x + b/(2a))² - b²/(4a²) + c/a]

= a[(x + b/(2a))² + (4ac - b²)/(4a²)]

= a(x - α)² + β où α = -b/(2a) et β = -Δ/(4a)

Sommet de la parabole

Le sommet S de la parabole est au point (α, β) = (-b/(2a), -Δ/(4a))

C'est le maximum si a < 0, le minimum si a > 0.

Axe de symétrie

La parabole est symétrique par rapport à la droite verticale x = α = -b/(2a)

Exemple : P(x) = 2x² - 8x + 6

a = 2, b = -8, c = 6

α = -(-8)/(2×2) = 2, β = (4×2×6 - 64)/(4×2) = (48 - 64)/8 = -2

Forme canonique : P(x) = 2(x - 2)² - 2

Sommet : (2, -2)

Théorème : Soit Δ = b² - 4ac

Si Δ < 0

L'équation ax² + bx + c = 0 n'admet pas de solution réelle.

Le trinôme ne peut pas être factorisé sur ℝ.

Si Δ = 0

L'équation admet une solution unique (double) : x₀ = -b/(2a)

Forme factorisée : P(x) = a(x - x₀)²

Si Δ > 0

L'équation admet deux solutions distinctes :

x₁ = (-b - √Δ) / (2a)    et    x₂ = (-b + √Δ) / (2a)

Forme factorisée : P(x) = a(x - x₁)(x - x₂)

Interprétation graphique du discriminant

Δ < 0 : la parabole ne coupe pas l'axe des x

Δ = 0 : la parabole touche l'axe des x en un point (le sommet)

Δ > 0 : la parabole coupe l'axe des x en deux points distincts

Cas particulier : forme simple

Si b = 0, l'équation devient ax² + c = 0, soit x² = -c/a

Si -c/a > 0, on a x = ±√(-c/a)

Cas particulier : forme incomplète

Si c = 0, l'équation devient ax² + bx = 0, soit x(ax + b) = 0

Solutions : x = 0 ou x = -b/a

Exemple : Résoudre 2x² - 5x + 3 = 0

Δ = (-5)² - 4(2)(3) = 25 - 24 = 1

x₁ = (5 - 1)/(2×2) = 1 et x₂ = (5 + 1)/(2×2) = 3/2

Factorisation : 2(x - 1)(x - 3/2) ou (x - 1)(2x - 3)

Théorème : Si x₁ et x₂ sont les deux racines du trinôme ax² + bx + c = 0, alors :

x₁ + x₂ = -b/a    et    x₁ × x₂ = c/a
Propriété réciproque

Si deux réels x₁ et x₂ vérifient x₁ + x₂ = S et x₁ × x₂ = P, alors ils sont solutions de l'équation t² - St + P = 0

Démonstration

En factorisant : P(x) = a(x - x₁)(x - x₂) = a[x² - (x₁ + x₂)x + x₁x₂]

Donc : P(x) = ax² - a(x₁ + x₂)x + ax₁x₂

Comparant avec P(x) = ax² + bx + c :

b = -a(x₁ + x₂) ⟹ x₁ + x₂ = -b/a

c = ax₁x₂ ⟹ x₁x₂ = c/a

Utilité pratique

Ces formules permettent de vérifier rapidement si deux nombres sont racines d'un trinôme.

Exemple : Trouver deux nombres ayant pour somme 5 et pour produit 6

Ils sont solutions de t² - 5t + 6 = 0

Δ = 25 - 24 = 1

t₁ = (5 - 1)/2 = 2 et t₂ = (5 + 1)/2 = 3

Vérification : 2 + 3 = 5 ✓ et 2 × 3 = 6 ✓

Théorème du signe : Soit P(x) = ax² + bx + c avec a ≠ 0

Cas 1 : Δ < 0

P(x) a toujours le signe de a pour tout x ∈ ℝ

Cas 2 : Δ = 0 (racine x₀)

P(x) a toujours le signe de a pour tout x ≠ x₀

Cas 3 : Δ > 0 (racines x₁ < x₂)
x -∞ x₁ x₂ +∞
P(x) signe de a 0 signe de -a 0 signe de a

Résumé mnémonique : "La parabole part du signe de a, s'annule aux racines, puis revient au signe de a."

Graphique de la parabole

a > 0 : parabole "sourit" (convexe)

a < 0 : parabole "fronce les sourcils" (concave)

Utilité pratique

Les tableaux de signe permettent de résoudre des inéquations du second degré.

Exemple : Étudier le signe de P(x) = -x² + 4x - 3

a = -1 < 0

Δ = 16 - 12 = 4

x₁ = (4 - 2)/(-2) = -1... Attends, laisse-moi recalculer.

x₁ = (-4 - 2)/(-2) = 3 et x₂ = (-4 + 2)/(-2) = 1

Donc x₁ = 1 et x₂ = 3

Tableau :

x -∞ 1 3 +∞
P(x) - 0 + 0 -
Applications Types

Énoncé : Résoudre l'équation 2x² - 5x + 3 = 0 et factoriser le trinôme.

Solution rapide :

Δ = (-5)² - 4 × 2 × 3 = 25 - 24 = 1

x₁ = (5 - 1) / 4 = 1 et x₂ = (5 + 1) / 4 = 3/2

Factorisation : 2x² - 5x + 3 = 2(x - 1)(x - 3/2) = (x - 1)(2x - 3)

Énoncé : Étudier le signe de P(x) = -x² + 4x - 3

Solution rapide :

Δ = 16 - 12 = 4

Racines : x₁ = (4 - 2) / (-2) = -1... Recalcul : x = (-4 ± 2) / (-2)

x₁ = 1 et x₂ = 3

Puisque a = -1 < 0, le trinôme est négatif en dehors des racines :

x -∞ 1 3 +∞
P(x) - 0 + 0 -

Énoncé : Soient x₁ et x₂ deux nombres tels que x₁ + x₂ = 5 et x₁ × x₂ = 6. Trouver x₁ et x₂.

Solution rapide :

x₁ et x₂ sont solutions de t² - 5t + 6 = 0

Δ = 25 - 24 = 1

x₁ = 2 et x₂ = 3

🔢Chapitre 11 : Dénombrement (Analyse Combinatoire)

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Principe additif : Si deux ensembles sont disjoints, le cardinal de leur réunion est la somme des cardinaux
  • Principe multiplicatif : Si on fait deux choix successifs (n choix possibles pour le premier, m pour le second), il y a n × m résultats
  • Arrangements : Le nombre de façons de choisir et ordonner p éléments parmi n est n!/(n-p)!

Définition : Le cardinal d'un ensemble fini E ayant n éléments, noté Card(E), est le nombre entier n.

Remarque : Card(∅) = 0

Principe Additif

Soient A₁, A₂, ..., Aₙ des ensembles finis deux à deux disjoints. Alors :

Card(A₁ ∪ A₂ ∪ ... ∪ Aₙ) = Card(A₁) + Card(A₂) + ... + Card(Aₙ)
Produit Cartésien et Principe Multiplicatif

Définition : A × B = {(x;y) | x ∈ A et y ∈ B}

Théorème : Si A et B sont des ensembles finis non vides, alors :

Card(A × B) = Card(A) × Card(B)

Généralisation (p-uplets) : Le nombre de p-uplets d'éléments d'un ensemble E à n éléments est nᵖ

Principe additif : exemple

Un restaurant propose 5 entrées, 8 plats principaux, et 4 desserts.

Si on choisit une entrée OU un plat OU un dessert (un seul), il y a 5 + 8 + 4 = 17 possibilités.

Principe multiplicatif : exemple

Un restaurant propose 5 entrées, 8 plats principaux, et 4 desserts.

Si on choisit une entrée ET un plat ET un dessert, il y a 5 × 8 × 4 = 160 menus.

P-uplets avec répétition

Combien de codes à 4 chiffres ? 10⁴ = 10 000 (chaque position peut avoir 10 valeurs 0-9)

Combien de mots de 3 lettres de l'alphabet ? 26³ = 17 576

Définition : Une permutation d'un ensemble E à n éléments est un n-uplet composé d'éléments deux à deux distincts de E.

Théorème

Le nombre de permutations d'un ensemble à n éléments est :

n! = n × (n-1) × (n-2) × ... × 2 × 1
Conventions
  • 0! = 1
  • (n+1)! = (n+1) × n!

Calcul des factorielles

1! = 1

2! = 2 × 1 = 2

3! = 3 × 2 × 1 = 6

4! = 4 × 3 × 2 × 1 = 24

5! = 5 × 4! = 120

Intuition

Pour ordonner n objets distincts :

- Choix pour la première position : n

- Choix pour la deuxième position : n-1 (un objet est déjà placé)

- Choix pour la troisième position : n-2

- ...

- Choix pour la dernière position : 1

Total : n × (n-1) × (n-2) × ... × 1 = n!

Exemple

De combien de façons peut-on disposer 5 élèves dans une file d'attente ? 5! = 120

Définition : Un arrangement de p éléments d'un ensemble E à n éléments est un p-uplet d'éléments deux à deux distincts de E.

Théorème

Le nombre d'arrangements de p éléments parmi n (avec 0 ≤ p ≤ n) est noté Aₙᵖ et vaut :

Aₙᵖ = n × (n-1) × ... × (n - p + 1) = n! / (n-p)!
Cas particulier

Aₙⁿ = n!

Intuition

Pour choisir p éléments ORDONNÉS parmi n :

- Choix pour la première position : n

- Choix pour la deuxième position : n-1

- ...

- Choix pour la p-ième position : n - p + 1

Total : n × (n-1) × ... × (n - p + 1) = n! / (n-p)!

Exemple : Un code à 3 chiffres distincts choisis parmi {0, 1, 2, ..., 9}

A₁₀³ = 10 × 9 × 8 = 720

Différence avec permutations

Les permutations ordonnent TOUS les éléments (p = n).

Les arrangements ordonnent p éléments choisis parmi n (p ≤ n).

Définition : Une combinaison de p éléments d'un ensemble E à n éléments est une partie (ensemble) à p éléments de E. L'ordre n'importe pas.

Théorème

Le nombre de combinaisons de p éléments parmi n (avec 0 ≤ p ≤ n) est noté C(n,p) ou (n choose p) et vaut :

C(n,p) = n! / [p!(n-p)!] = [n × (n-1) × ... × (n - p + 1)] / [p × (p-1) × ... × 1]
Propriétés
  • C(n,0) = 1 et C(n,n) = 1
  • C(n,p) = C(n,n-p) (symétrie)
  • Égalité de Pascal : C(n,p) = C(n-1,p-1) + C(n-1,p)

Lien avec les arrangements

Aₙᵖ = C(n,p) × p! (parce que chaque combinaison peut être ordonnée de p! façons)

Triangle de Pascal

Le triangle de Pascal permet de calculer rapidement les coefficients binomiaux :

n=0 1
n=1 1 1
n=2 1 2 1
n=3 1 3 3 1
n=4 1 4 6 4 1
n=5 1 5 10 10 5 1
Binôme de Newton

Théorème : Pour tous réels a et b et tout entier naturel n :

(a + b)ⁿ = Σ(p=0 à n) C(n,p) × aⁿ⁻ᵖ × bᵖ

Exemple : (a + b)⁴ = a⁴ + 4a³b + 6a²b² + 4ab³ + b⁴

Propriété : somme de tous les coefficients

Σ(p=0 à n) C(n,p) = 2ⁿ

Exemple : C(25,3) = (25 × 24 × 23) / (3 × 2 × 1) = 13 800 / 6 = 2 300

Une classe de 25 élèves. On en choisit 3 pour former un groupe. Il y a 2 300 façons.

Applications Types

Énoncé : De combien de façons peut-on disposer 5 élèves dans une file d'attente ?

Solution rapide :

C'est le nombre de permutations de 5 éléments.

Réponse : 5! = 120

Énoncé : Une classe compte 25 élèves. On en choisit 3 pour former un groupe de travail. De combien de façons peut-on les choisir ?

Solution rapide :

L'ordre n'importe pas (c'est un groupe, pas une hiérarchie).

Réponse : C(25,3) = (25 × 24 × 23) / (3 × 2 × 1) = 13 800 / 6 = 2 300

Énoncé : Développer (x + 2)⁴

Solution rapide :

Utiliser le binôme avec a = x, b = 2, n = 4 :

(x + 2)⁴ = C(4,0)x⁴ + C(4,1)x³ · 2 + C(4,2)x² · 4 + C(4,3)x · 8 + C(4,4) · 16

= x⁴ + 8x³ + 24x² + 32x + 16

📊Chapitre 12 : Variables Aléatoires

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Expérience aléatoire : Expérience dont le résultat est imprévisible
  • Univers : Ensemble de tous les résultats possibles, noté Ω
  • Événement : Partie de l'univers
  • Probabilité d'un événement : p(A) = (cas favorables) / (cas possibles)

Définition : Une variable aléatoire est une application X de l'univers Ω dans ℝ. Autrement dit, à chaque résultat d'une expérience aléatoire, on associe un nombre réel.

Si x₁, x₂, ..., xₙ sont les valeurs prises par X, on note (X = xᵢ) l'événement "la variable aléatoire X prend la valeur xᵢ".

Intuition

Une variable aléatoire associe un nombre à chaque issue d'une expérience.

Exemple : on lance un dé, X = résultat du dé. Alors X ∈ {1, 2, 3, 4, 5, 6}

Exemple avec des résultats non numériques

On lance une pièce : Ω = {P, F} (Pile, Face)

On définit X : X(P) = 0, X(F) = 1

Maintenant X est numérique et on peut l'analyser probabilistiquement.

Notation

L'événement (X = xᵢ) est l'ensemble de tous les résultats ω ∈ Ω tels que X(ω) = xᵢ

La probabilité p(X = xᵢ) est la somme des probabilités des résultats qui donnent xᵢ

Définition : La loi de probabilité (ou distribution) d'une variable aléatoire X est la fonction qui à chaque valeur xᵢ associe la probabilité p(X = xᵢ).

On la présente souvent sous forme de tableau :

xᵢ x₁ x₂ ... xₙ
p(X = xᵢ) p₁ p₂ ... pₙ

Propriété : Σ(i=1 à n) pᵢ = 1

Construction de la loi de probabilité

1. Identifier toutes les valeurs possibles de X

2. Pour chaque valeur xᵢ, calculer la probabilité p(X = xᵢ) en identifiant les résultats de Ω qui donnent cette valeur

3. Vérifier que la somme des probabilités égale 1

Exemple : On lance un dé. X = résultat du dé.

Loi de X :

X 1 2 3 4 5 6
p(X) 1/6 1/6 1/6 1/6 1/6 1/6

Somme : 6 × (1/6) = 1 ✓

Définition : L'espérance (ou moyenne) d'une variable aléatoire X prenant les valeurs x₁, x₂, ..., xₙ avec les probabilités respectives p₁, p₂, ..., pₙ est :

E(X) = Σ(i=1 à n) xᵢ × p(X = xᵢ) = x₁p₁ + x₂p₂ + ... + xₙpₙ

Interprétation : L'espérance représente la valeur moyenne attendue sur un grand nombre d'expériences.

Exemple avec dé équilibré

X = résultat du dé

E(X) = 1×(1/6) + 2×(1/6) + 3×(1/6) + 4×(1/6) + 5×(1/6) + 6×(1/6)

= (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6)/6 = 21/6 = 3,5

Propriétés de l'espérance

E(aX + b) = aE(X) + b

Notion de jeu équitable

Un jeu est équitable si E(gain) = 0

Notion de jeu favorable/défavorable

E(gain) > 0 : jeu favorable au joueur

E(gain) < 0 : jeu défavorable au joueur

Exemple : Jeu de roulette. Miser 1€ sur rouge. Si rouge, on gagne 2€. Sinon, on perd 1€.

Supposons p(rouge) = 18/37

Gain = 2 avec probabilité 18/37, Gain = -1 avec probabilité 19/37

E(gain) = 2×(18/37) + (-1)×(19/37) = 36/37 - 19/37 = 17/37 ≈ 0,46

Légèrement favorable au joueur, mais c'est la maison qui gagne en moyenne !

Définition (Variance) : La variance d'une variable aléatoire X est :

V(X) = Σ(i=1 à n) p(X = xᵢ) × (xᵢ - E(X))²

Formule de calcul pratique :

V(X) = E(X²) - [E(X)]²

Définition (Écart-type) : L'écart-type d'une variable aléatoire X est :

σ(X) = √V(X)

Interprétation : La variance mesure la dispersion des valeurs autour de l'espérance. L'écart-type en est la racine carrée (même unité que X).

Propriétés

V(aX + b) = a²V(X) (attention : le b disparaît !)

σ(aX + b) = |a| × σ(X)

Exemple avec dé équilibré

E(X) = 3,5 (calculé précédemment)

E(X²) = 1²×(1/6) + 2²×(1/6) + ... + 6²×(1/6) = (1 + 4 + 9 + 16 + 25 + 36)/6 = 91/6

V(X) = 91/6 - (3,5)² = 91/6 - 49/4 = (182 - 147)/12 = 35/12 ≈ 2,92

σ(X) = √(35/12) ≈ 1,71

Interprétation pratique

Une variance faible signifie que les valeurs sont concentrées autour de E(X).

Une variance forte signifie que les valeurs sont dispersées.

Exemple comparatif :

Variable A : E(A) = 10, σ(A) = 0,1 (très stable)

Variable B : E(B) = 10, σ(B) = 5 (très variable)

Même espérance, mais comportements très différents !

Théorème : Si Y = aX + b où a et b sont des réels, alors :

  • E(Y) = aE(X) + b
  • V(Y) = a²V(X)
  • σ(Y) = |a| × σ(X)

Intuition

Additionner une constante b décale la moyenne de b, mais ne change pas la variance (la dispersion).

Multiplier par a dilate (ou contracte) les valeurs, ce qui multiplie la variance par a².

Cas particuliers

Y = X + 5 : E(Y) = E(X) + 5, V(Y) = V(X)

Y = 2X : E(Y) = 2E(X), V(Y) = 4V(X)

Y = -X + 10 : E(Y) = -E(X) + 10, V(Y) = V(X), σ(Y) = σ(X)

Standardisation (centrage-réduction)

On crée souvent Z = (X - E(X)) / σ(X)

Alors E(Z) = 0 et σ(Z) = 1

Cela permet de comparer des variables d'unités différentes.

Exemple : Y = 2X + 1 avec E(X) = 3, V(X) = 4

E(Y) = 2(3) + 1 = 7

V(Y) = 2² × 4 = 16

σ(Y) = 2 × 2 = 4

Applications Types

Énoncé : On lance un dé équilibré. Soit X le nombre obtenu. Calculer l'espérance.

Solution rapide :

X prend les valeurs 1, 2, 3, 4, 5, 6 avec probabilité 1/6 chacun.

E(X) = 1×(1/6) + 2×(1/6) + ... + 6×(1/6) = (1+2+...+6)/6 = 21/6 = 3,5

Énoncé : Soit X la variable de l'exemple 1. Calculer la variance.

Solution rapide :

E(X²) = 1²×(1/6) + 2²×(1/6) + ... + 6²×(1/6) = (1+4+9+16+25+36)/6 = 91/6

V(X) = E(X²) - [E(X)]² = 91/6 - (3,5)² = 91/6 - 49/4 = (182 - 147)/12 = 35/12 ≈ 2,92

σ(X) = √(35/12) ≈ 1,71

Énoncé : Soit Y = 2X + 1 où X est la variable de l'exemple 1. Calculer E(Y) et V(Y).

Solution rapide :

E(Y) = 2E(X) + 1 = 2×3,5 + 1 = 8

V(Y) = 2²×V(X) = 4×(35/12) = 35/3

➡️Chapitre 13 : Produit Scalaire dans le Plan

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Norme d'un vecteur : Pour u→ = (x, y), ||u→|| = √(x² + y²)
  • Vecteurs orthogonaux : u→ ⊥ v→ ⟺ u→ · v→ = 0
  • Colinéarité : u→ et v→ sont colinéaires si v→ = ku→ pour un réel k

Par le projeté orthogonal : Si H est le projeté orthogonal de B sur la droite (AB) (où u→ = AB→ et v→ = AC→), alors :

u→ · v→ = AB→ · AC→ = AB × AH

où AH est la mesure algébrique (positive si H et B sont du même côté de A, négative sinon)

Par les coordonnées

Si u→ = (x, y) et v→ = (x', y') dans un repère orthonormal, alors :

u→ · v→ = xx' + yy'
Par les normes et l'angle

Si θ est l'angle entre u→ et v→, alors :

u→ · v→ = ||u→|| × ||v→|| × cos(θ)

Les trois formes du produit scalaire

Ces trois définitions sont équivalentes. On choisit celle qui est la plus pratique selon le contexte :

  • Géométrique (projeté) : Quand on a une interprétation géométrique
  • Algébrique (coordonnées) : Quand on connaît les coordonnées
  • Trigonométrique (angle) : Quand on connaît les normes et l'angle
Lien entre les formes

cos(θ) = (u→ · v→) / (||u→|| × ||v→||)

Cela permet de calculer l'angle entre deux vecteurs !

Exemple : u→ = (1, 1), v→ = (1, -1)

u→ · v→ = 1×1 + 1×(-1) = 0

Les vecteurs sont orthogonaux (angle de 90°)

Symétrie
u→ · v→ = v→ · u→
Bilinéarité
  • u→ · (v→ + w→) = u→ · v→ + u→ · w→
  • (ku→) · v→ = k(u→ · v→) pour tout réel k
Carré scalaire
u→² = u→ · u→ = ||u→||²
Identités remarquables
  • ||u→ + v→||² = ||u→||² + 2u→ · v→ + ||v→||²
  • ||u→ - v→||² = ||u→||² - 2u→ · v→ + ||v→||²
  • u→ · v→ = (1/2)(||u→ + v→||² - ||u→||² - ||v→||²)
Orthogonalité
u→ ⊥ v→ ⟺ u→ · v→ = 0

Démonstration des identités remarquables

||u→ + v→||² = (u→ + v→) · (u→ + v→) = u→ · u→ + 2u→ · v→ + v→ · v→ = ||u→||² + 2u→ · v→ + ||v→||²

Inégalité de Cauchy-Schwarz

|u→ · v→| ≤ ||u→|| × ||v→||

L'égalité se produit si et seulement si u→ et v→ sont colinéaires.

Règle du cosinus (loi des cosinus)

Dans un triangle ABC :

BC² = AB² + AC² - 2·AB·AC·cos(Â)

Exemple : Vérifier qu'un triangle est rectangle

Triangle ABC avec A(0,0), B(3,0), C(0,4)

AB→ = (3,0), AC→ = (0,4)

AB→ · AC→ = 3×0 + 0×4 = 0

Donc les droites (AB) et (AC) sont perpendiculaires. Triangle rectangle en A.

Applications Types

Énoncé : Soit A(-1; 2), B(3; 1) et C(2; 4). Montrer que le triangle ABC est rectangle en A.

Solution rapide :

AB→ = (4, -1), AC→ = (3, 2)

AB→ · AC→ = 4×3 + (-1)×2 = 12 - 2 = 10 ≠ 0

Donc le triangle n'est pas rectangle en A. (Recalcul : AB→ = (3-(-1), 1-2) = (4, -1) ✓, AC→ = (2-(-1), 4-2) = (3, 2) ✓)

AB→ · AC→ = 4×3 + (-1)×2 = 10 ≠ 0 ✓

Énoncé : Calculer l'angle θ entre u→ = (1, 1) et v→ = (1, -1)

Solution rapide :

u→ · v→ = 1×1 + 1×(-1) = 0

Les vecteurs sont orthogonaux, donc θ = 90°

📐Chapitre 14 : Trigonométrie

L'essentiel de Première (Rappels)
  • Cercle trigonométrique : Rayon 1, point (cos θ, sin θ) pour un angle θ
  • Angles remarquables : sin(30°) = 1/2, cos(60°) = 1/2, sin(45°) = √2/2
  • Identité fondamentale : cos² θ + sin² θ = 1

Conversion degrés-radians
180° = π rad    ou    1 rad = 180°/π ≈ 57,3°
Tableau des angles remarquables
Angle (°) 30° 45° 60° 90° 180°
Angle (rad) 0 π/6 π/4 π/3 π/2 π
sin 0 1/2 √2/2 √3/2 1 0
cos 1 √3/2 √2/2 1/2 0 -1

Pourquoi les radians ?

Les radians sont l'unité naturelle en mathématiques. Ils permettent des formules plus simples, notamment pour les dérivées :

(sin x)' = cos x (si x est en radians)

(sin x)' = (π/180) cos x (si x est en degrés - plus compliqué !)

Cercle trigonométrique

Un radian correspond à l'angle au centre d'un arc de longueur égale au rayon.

La circonférence du cercle unité est 2π, donc un tour complet = 2π rad = 360°.

Mémorisation des valeurs remarquables

Pour sin et cos à 30°, 45°, 60° :

sin: 1/2, √2/2, √3/2 (croissant)

cos: √3/2, √2/2, 1/2 (décroissant)

Les valeurs sont : 1/2, √2/2, √3/2 pour les angles majeurs.

Parité et imparité
  • sin(-x) = -sin x (sinus est impair)
  • cos(-x) = cos x (cosinus est pair)
Supplémentaires
  • sin(π - x) = sin x
  • cos(π - x) = -cos x
Opposés par rapport à π
  • sin(π + x) = -sin x
  • cos(π + x) = -cos x
Complémentaires
  • sin(π/2 - x) = cos x
  • cos(π/2 - x) = sin x
Autres
  • sin(π/2 + x) = cos x
  • cos(π/2 + x) = -sin x
Périodicité
sin(x + 2π) = sin x    et    cos(x + 2π) = cos x

Visualisation sur le cercle trigonométrique

Chaque formule d'angle associé correspond à une symétrie du cercle :

  • sin(-x) = -sin x : symétrie par rapport à l'axe x
  • cos(-x) = cos x : symétrie par rapport à l'axe x
  • sin(π - x) = sin x : symétrie par rapport à l'axe y
  • sin(π/2 - x) = cos x : rotation de 90°
Périodicité 2π

Les fonctions sinus et cosinus sont périodiques de période 2π.

Cela signifie qu'elles se répètent tous les 2π.

C'est pour cela qu'on résout sin x = a en donnant une famille infinie de solutions.

Exemple : Simplifier sin(π + x) + cos(π/2 - x)

sin(π + x) = -sin x

cos(π/2 - x) = sin x

Somme = -sin x + sin x = 0

Équation cos x = cos a
cos x = cos a  ⟺  x = a + 2kπ  ou  x = -a + 2kπ  (pour k ∈ ℤ)
Équation sin x = sin a
sin x = sin a  ⟺  x = a + 2kπ  ou  x = π - a + 2kπ  (pour k ∈ ℤ)
Cas particuliers
  • cos x = 1 ⟺ x = 2kπ
  • cos x = -1 ⟺ x = π + 2kπ
  • cos x = 0 ⟺ x = π/2 + kπ
  • sin x = 1 ⟺ x = π/2 + 2kπ
  • sin x = -1 ⟺ x = -π/2 + 2kπ = 3π/2 + 2kπ
  • sin x = 0 ⟺ x = kπ

Intuition des familles de solutions

Parce que sin et cos sont périodiques de période 2π, si x₀ est une solution, alors x₀ + 2kπ est aussi une solution pour tout k ∈ ℤ.

L'équation sin x = sin a a deux familles de solutions à cause de la symétrie du cercle.

Solutions dans un intervalle borné

Quand on demande les solutions dans [0; 2π[, on prend les valeurs de la forme générale qui tombent dans cet intervalle.

Exemple 1 : Résoudre cos x = -√2/2 pour x ∈ [0; 2π[

cos(3π/4) = -√2/2 et cos(5π/4) = -√2/2

Solutions dans [0; 2π[ : x = 3π/4 et x = 5π/4

Exemple 2 : Résoudre sin x = 1/2 pour x ∈ [0; 2π[

sin(π/6) = 1/2 et sin(5π/6) = 1/2

Solutions dans [0; 2π[ : x = π/6 et x = 5π/6

Équations avec tangente

tan x = tan a ⟺ x = a + kπ (pour k ∈ ℤ)

Attention : la tangente a une période de π, pas 2π !

Applications Types

Énoncé : Simplifier sin(π + x) + cos(π/2 - x)

Solution rapide :

sin(π + x) = -sin x

cos(π/2 - x) = sin x

sin(π + x) + cos(π/2 - x) = -sin x + sin x = 0

Énoncé : Résoudre cos x = -√2/2 pour x ∈ [0; 2π[

Solution rapide :

cos(3π/4) = -√2/2 et cos(5π/4) = -√2/2

Les solutions dans [0; 2π[ sont x = 3π/4 et x = 5π/4