Faire la Guerre, Faire la Paix

Conflits armés, constructions de paix et ordre international

📖Introduction du Thème

Définition des Termes

Guerre : Conflit armé organisé entre au moins deux acteurs (États, groupes armés).

  • Guerre interétatique : entre États
  • Guerre intraétatique : au sein d'un État
  • Guerre asymétrique : État vs groupes armés
  • Guerre irrégulière : sort du cadre traditionnel, acteurs sans légitimité juridique

Paix : Absence de conflit armé ; idéal à atteindre.

  • Paix négative : simple cessation des hostilités
  • Paix positive : éradication des causes profondes du conflit (durable)
Problématique Centrale

Comment expliquer l'évolution des formes de conflits et les obstacles à la construction d'une paix durable ? La paix impose-t-elle une remise en question profonde des structures politiques et sociales ?

5 Dates Charnières
  • [1648] : Traités de Westphalie → ordre international fondé sur la souveraineté des États
  • [1945] : Création de l'ONU et Charte de l'Atlantique → système de sécurité collective
  • [1989] : Fin de la Guerre froide → reconfiguration géopolitique mondiale
  • [2001] : Attentats du 11 septembre → émergence du terrorisme transnational (Al-Qaïda)
  • [2023] : Attaque du 7 octobre → réactivation des conflits moyen-orientaux contemporains

📚Lexique Géopolitique Fondamental

Concept Définition
Conflit Lutte ouverte entre au moins 2 acteurs, formes variées (armée, idéologique, cyber)
Génocide Intention spécifique de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux
Crime contre l'humanité Actes inhumains commis dans le cadre d'une attaque généralisée contre population civile
Terrorisme Utilisation de la violence pour atteindre un but politique ; cible civils et opinion publique
Djihad global Concept Al-Qaïda : combat mondial contre les "ennemis lointains" (Occident)
Responsabilité de protéger Principe ONU [2005] : droit d'ingérence humanitaire en cas de crimes massifs
Cessez-le-feu Interruption bilatérale des hostilités (peut être temporaire)
Armistice Accord formel de cessation des combats précédant traité de paix
Traité de paix Accord négocié (paix positive) ou imposé au vaincu (paix négative)

⚔️Formes de Conflits et Transformations Historiques

Révolution militaire ([XVIe-XVIIIe siècles]) : États monopolisent la violence légitime via armées nationales professionnelles

Guerres de masse ([1792 onwards]) : Guerres dynastiques → guerres nationales idéologiques (passage à l'absolu)

Guerres irrégulières contemporaines ([1988-present]) : Dépassement du modèle clausewitzien ; acteurs non-étatiques transnationaux

Selon l'historien BRIAN M. DOWNING, la "révolution militaire" est responsable des changements politiques majeurs en Europe.

Caractéristiques principales :

  • Croissance massive des armées
  • Place importante de l'arme à feu
  • Modification des systèmes de défense (fortifications trace italienne)
  • Formation de soldats professionnels

Conséquence majeure : Nécessité d'un État fort capable de contrôler ces armées croissantes → monopole de l'État sur la violence légitime

La révolution militaire des XVIe-XVIIIe siècles transforme profondément les structures politiques européennes. Cette révolution n'est pas qu'une affaire militaire, c'est une révolution politique.

Avant cette période, les armées étaient fragmentées, composées de mercenaires et de troupes féodales peu fiables. Avec l'arme à feu et les nouvelles fortifications, l'investissement militaire devient colossal.

Seul un État centralisé, capable de lever l'impôt et de mobiliser les ressources nationales, peut soutenir ces armées permanentes et professionnelles. C'est l'émergence de l'État-nation moderne avec son monopole sur la violence légitime (Max Weber).

Cette centralisation du pouvoir modifie aussi les relations diplomatiques : les États deviennent les seuls acteurs reconnus des relations internationales (Westphalie, 1648).

CARL VON CLAUSEWITZ ([1780-1831]) observa les guerres révolutionnaires et napoléoniennes.

Contribution majeure :

Distinction entre guerre réelle (pratique) et guerre absolue (théorie)

Guerre Réelle (Pratique) Guerre Absolue (Théorie)
Soumise au peuple (adhésion nécessaire) Échappe au contrôle politique
Proportionnée aux moyens disponibles Escalade infinie des moyens
Outil au service des buts politiques Extermination de l'adversaire
S'arrête à l'obtention de l'objectif Paix quand incapacité à combattre

Enseignement clé : La paix devient objective quand la victoire semble improbable ou son coût trop élevé.

Clausewitz offre une analyse nuancée de la guerre. Il reconnaît qu'en théorie, une fois la machine de guerre déclenchée, il n'y a pas de limites naturelles à son escalade. Chaque belligérant veut anéantir l'autre pour être sûr de ne pas être attaqué.

Mais dans la pratique, les guerres réelles sont toujours limitées par :

  • Les capacités matérielles des États
  • Le soutien populaire (la "friction" selon Clausewitz)
  • L'objectif politique qui motive la guerre
  • Le coût humain et économique acceptable

La phrase célèbre : "La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens" signifie que la guerre, malgré son horreur, reste un instrument de politique étrangère. Elle ne devient jamais purement irrationnelle ; elle sert toujours des buts politiques.

Cette théorie reste applicable au XXe siècle (WWI, WWII) mais elle est contestée au XXIe siècle par VAN CREVELD pour les guerres irrégulières où les motifs sont religieux ou ethniques, pas politiques.

Transition guerres dynastiques → guerres nationales :

Guerre du 18e siècle Guerre Révolutionnaire (1792+)
Armées professionnelles Armées de masse
Raison = moteur Passion = moteur
Objectifs territoriaux limités Objectifs idéologiques illimités
Violence contenue Violence affirmée / absolue

Exemples :

  • Guerre de Sept ans ([1756-1763]) = guerre dynast traditionelle
  • Guerres napoléoniennes = guerres révolutionnaires de masse

Conclusion : Les guerres révolutionnaires marquent la montée aux extrêmes : la guerre cherche à détruire l'adversaire idéologiquement et militairement.

La Révolution française marque un tournant décisif dans la nature de la guerre. Avant 1789, les guerres étaient essentiellement des affaires de princes, limitées dans leurs objectifs (conquête territoriale) et leurs moyens (armées professionnelles et limitées).

Avec la Révolution, la guerre devient une affaire nationale. Le peuple est mobilisé, conscrit, excité par l'idéologie révolutionnaire. La lévée en masse produit des armées géantes jamais vues avant. La violence s'amplifie exponentiellement.

Napoléon amplifie ce phénomène en transformant les guerres révolutionnaires en guerres d'expansion, mais en conservant la logique de mobilisation totale et de violence absolue.

Ce modèle de "montée aux extrêmes" s'accentue au XXe siècle (guerres mondiales) où la distinction entre civils et soldats s'efface progressivement.

Exemple : WWI voit les civils envoyés aux tranchées massivementpar conscription ; WWII introduit les bombardements systématiques de villes civiles (logique de destruction totale).

VAN CREVELD critique l'actualité du modèle clausewitzien :

  • Idées datées (valables XVIIe-XXe siècles seulement)
  • N'a pas anticipé l'engagement social/idéologique des peuples
  • Guerres contemporaines = moins politiques, plus religieuses/ethniques

Caractéristiques guerres irrégulières :

  • Acteurs sans légitimité juridique (groupes rebelles, paramilitaires)
  • Non-respect du droit de la guerre
  • Sans ligne de front ni frontières claires
  • Dimension transnationale
  • Stratégie + idéologique que politique

Martin van Creveld, historien militaire israélien, argue que le modèle clausewitzien ne peut pas expliquer les guerres contemporaines qui ne suivent pas la logique de l'État-nation.

Les guerres irrégulières impliquent des acteurs non-étatiques (Al-Qaïda, Daech, guérillas, milices) qui n'ont pas les mêmes objectifs que les États. Leur motif n'est pas l'expansion territoriale ou la domination politique classique, mais souvent des fins idéologiques, religieuses ou ethniques.

Ces groupes n'acceptent pas les règles du droit de la guerre (distinctions civils/combattants, armes autorisées, etc.). Ils ciblent délibérément les civils et refusent les négociations.

Leur logique stratégique est différente : il s'agit moins de battre l'ennemi que de maintenir une présence militaire et d'influer sur l'opinion publique (terrorisme). La durée compte plus que la victoire rapide.

Exemple : Al-Qaïda ne peut pas battre les USA militairement, mais cherche à infliger des coûts psychologiques et économiques (attentats, instabilité).

1. LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Contexte : Assassinat de Sarajevo [28 juin 1914] → Conférence de Paris [janvier 1919] (Traité de Versailles)

Débat historiographique sur les responsabilités :

  • PIERRE RENOUVIN (historien FR, [1919]) : Causes multiples, pas une seule responsable. Maintient cependant Allemagne et Autriche-Hongrie responsables
  • JULES ISAAC ([1877-1963]) : Responsabilités partagées ; l'Europe centrale s'est jetée dans la guerre (aurait pu rester conflit serbo-russe)
  • FRITZ FISCHER (historien allemand, [1961]) : Allemagne RESPONSABLE (scandale : dit la vérité sur son propre pays)
  • CHRISTOPHER CLARK (australien) : Responsabilités partagées incluant France, Russie, Serbie

Enjeu politique : Article 231 du Traité de Versailles déclare Allemagne coupable → humiliation → germe de la revanche (1939)

2. LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

DE GAULLE ([18 juin 1940]) crée la légitimité résistante et le concept de résistancialisme : tous les Français ont résisté de la même manière (mythologie politique).

Réalité : Collaboration, indifférence, et résistance coexistent. Mémoire officielle française occulte les nuances.

Facteurs d'apaisement post-guerre :

  • Traité de l'Élysée ([1963]) entre DE GAULLE et ADENAUER (Chancelier RFA)
  • Reconnaissance mutuelle, partage linguistique dans l'éducation
  • Création CECA ([1951]) : communauté charbon-acier FR-RFA → fondation Union Européenne
3. GUERRE D'ALGÉRIE

Durée : [novembre 1954 - mars 1962] ; officiellement appelée "guerre" depuis [18 octobre 1999]

Enjeux :

  • Indépendance algérienne vs maintien "Algérie française"
  • Algériens = citoyens de 2e classe (FSNA = Français de statut non assimilé)
  • Essais nucléaires français au Sahara

Protagonistes :

  • FLN (Front de Libération Nationale) → ALN (Armée de Libération Nationale)
  • Armée française vs mouvements nationalistes
  • OAS (Organisation Armée Secrète) : terroristes de droite, tuent pour maintenir l'Algérie française

Bilan humain [1954-1962] :

  • [24 614] soldats français
  • [141 000] armée française
  • [132 290] armée algérienne
  • [250 000-430 000] civils algériens
  • [60 000-150 000] Harkis (Algériens ayant combattu côté français, abandonnés après la guerre, massacrés ou mal accueillis)

Mémoires conflictuelles (1960-1970) :

  • Côté français : silence sur la guerre, refus de reconnaître traumas algériens
  • BENJAMIN STORA : 1er historien à parler vraiment de la guerre
  • Appelés français : reconnus comme anciens combattants en [1974]
  • Événement du [17 octobre 1961] : manifestation algérienne à Paris → répression sanglante, morts noyés dans la Seine, événement "étouffé" jusqu'en [1981]
  • Nouveaux mémoires : "Déserteurs" (soldats ayant quitté la guerre) longtemps occultés, facteur d'apaisement
4. AL-QAÏDA

Fondation : [1988] au Pakistan par OUSSAMA BEN LADEN (après guerre Afg. vs URSS)

Concept : Djihad global = combat mondial contre "ennemis lointains" (Occident) et "ennemis proches" (régimes musulmans modérés)

Première organisation terroriste à vocation mondiale

Attentats signature :

  • [11 septembre 2001] : destruction Twin Towers NYC → création du concept hyperterrorisme
  • 1ère fois depuis XXe siècle que USA touchés sur leur territoire
  • GEORGE W. BUSH lance "Guerre globale contre la terreur"
  • [2011] : mort de BEN LADEN (opération américaine longue et coûteuse)
5. DAECH

Formation : [2006] (scission Al-Qaïda) ; chef ABOU BAKR AL-BAGHDADI

Logique différente d'Al-Qaïda :

  • Établit un califat sunnite territorial ([2014])
  • Contrôle physique de territoires (Syrie-Irak)
  • Destruction du patrimoine ; anéantissement du chiisme
  • Recrutement "brain-low" (profils variés, non élites)

Attentats :

  • [novembre 2015] : attentats Paris (Bataclan, stade de France)
  • Réseaux sociaux + opérations réelles

Évolution :

  • [2019] mort d'AL-BAGHDADI → califat disparaît mais Daech se réorganise (logique clandestine)

☮️Construction de la Paix et Modes de Résolution

Paix négative vs paix positive : La paix durable exige résolution des causes profondes, pas simple cessation des hostilités

Traités historiques : Westphalie ([1648]) → SDN ([1919]) → ONU ([1945]) = évolution du droit international

Opérations de maintien de la paix (OMP) : Évolution de peacekeeping (interposition) à peace enforcement (imposition militaire)

Processus hiérarchisé :

  • Cesser-le-feu : interruption bilatérale (décision commune)
  • Armistice : accord formel de cessation
  • Capitulation : reddition unilatérale
  • Traité de paix : négocié (paix positive) OU imposé au vaincu (paix négative)
  • Traités supplémentaires : missions de vérification

Obstacle majeur à la paix durable : L'impossibilité de signer une "paix positive"

Les traités humiliants envers le vaincu créent un désir de revanche générationnel :

Exemple : Traité de Versailles ([1919]) → France cède Alsace-Moselle → germe de WWII

Quand le peuple n'adhère pas aux négociations politiques → échec durable

La construction de la paix suit une logique progressive. On ne peut pas sauter les étapes ; essayer de passer directement à un traité sans cesser-le-feu mène à l'échec.

Le cesser-le-feu est le moment le plus délicat. Les combats s'arrêtent, mais les tensions restent extrêmes. Des groupes radicaux refusent souvent le cessez-le-feu et poursuivent les attaques, menaçant l'accord.

L'armistice est plus formel ; c'est un accord préalable au traité de paix. Il établit les conditions de base : retrait des troupes, échange de prisonniers, etc.

Le traité lui-même peut être négocié (les deux parties acceptent) ou imposé (le vainqueur dicte ses conditions). Les traités imposés créent du ressentiment et plantent les graines de futurs conflits.

La paix durable exige non seulement un accord officiel mais aussi la réconciliation et la reconstruction. C'est là qu'interviennent les traités supplémentaires, les commissions d'enquête sur les crimes de guerre, et les opérations de maintien de la paix.

Contexte : Guerre de Trente ans ([1618-1648]) en Europe (guerres religieuses + politiques)

Belligérants :

  • Habsbourg catholiques (Espagne, Saint Empire Romain Germanique)
  • Coalition protestante (soutenue militairement par France)
  • Angleterre, Russie = neutres

Traités [août 1645] : après 5 ans de négociations

Innovations majeures :

  • Début de la diplomatie moderne : représentants envoyés, négociations multilatérales
  • Difficultés pratiques : langues différentes, distances, espionnage, fausses informations
  • Établissement de règles communes
L'Ordre Westphalien
Plan Juridique État détient la souveraineté exclusive ; seul acteur des relations internationales
Plan Diplomatique 1ère grande conférence réunissant puissances rivales ; égalité et indépendance
Plan Géopolitique Fin des guerres religieuses entre États (mais pas fin des guerres civiles)

Limitation : Crée une paix négative (absence de guerre), pas une paix durable résolvant causes profondes

Westphalie marque un tournant fondamental dans l'histoire des relations internationales. Pour la première fois, les puissances européennes reconnaissent mutuellement leur souveraineté et acceptent une système basé sur l'équilibre des puissances plutôt que sur la domination religieuse ou impériale.

Avant Westphalie, l'ordre européen était chaotique. La Guerre de Trente ans avait ravagé l'Europe centrale et montré l'impossibilité d'imposer l'unité par la force. Le Saint Empire Romain Germanique était fragmenté, et aucune puissance n'était capable de dominer l'Europe.

Westphalie établit des principes novateurs :

  • Souveraineté absolue : Chaque État est maître chez lui et indépendant
  • Équilibre des puissances : Aucun État ne doit dominer les autres
  • Non-intervention : Les États ne doivent pas se mêler des affaires internes des autres
  • Diplomatie permanente : Des ambassadeurs résident dans les capitales pour représenter les États

Cependant, Westphalie ne résout pas les causes profondes des conflits (rivalités économiques, religieuses, dynastiques). C'est une "paix négative" : les États acceptent simplement de coexister et de limiter la violence.

Problèmes de l'ordre westphalien :

  • Paix négative → germe de nouveaux conflits
  • Peuples ne respectent pas les règles diplomatiques
  • Puissances expansionnistes contournent traités

Réaction idéaliste : WILSON (USA) après WWI

14 points de Wilson (principes des relations internationales) :

  • Volonté de protéger paix par toutes nations
  • Protection des petites nations contre expansionnisme
  • Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes
  • Diplomatie transparente
  • Absence d'armes offensives
  • Nations doivent respecter ensemble paix mondiale

Création SDN ([1919]) : reconnaissance dans Traité de Versailles

Principes SDN :

  • Interdiction de la guerre
  • Justice internationale
  • Respect du droit international
  • États s'engagent à demander arbitrage SDN (sanctions économiques/financières possibles)

Structure : Assemblée générale, Conseil, Secrétariat

Succès :

  • Réconciliation franco-allemande
  • Pacte Briand-Kellogg

Échecs majeurs :

  • Tâche trop lourde dès le départ
  • Peu de pays représentés (nombre décroissant)
  • Absence de force internationale → sanctions reposent sur volonté des États
  • Incapacité à empêcher WWII

La Première Guerre mondiale était supposée être "la guerre qui ferait cesser toutes les guerres". Son bilan catastrophique (20 millions de morts) motiva les dirigeants à créer un nouveau système international.

Woodrow Wilson, président américain, proposa les 14 points comme fondement d'une paix durable. Son vision était idéaliste : si les États respectent le droit international et acceptent l'arbitrage collectif, la guerre deviendra impossible.

La SDN était révolutionnaire : c'était la première tentative de créer une organisation internationale permanente, avec des règles communes et un mécanisme de résolution des conflits.

Cependant, la SDN a échoué pour plusieurs raisons :

  • Membres manquants : Les États-Unis ont refusé de ratifier le traité, ne rejoignant jamais la SDN. L'URSS était hostile et n'a rejoint que tardivement. L'Allemagne, en colère du traité de Versailles humiliant, a quitté la SDN.
  • Absence de force militaire : La SDN pouvait imposer des sanctions économiques mais n'avait pas d'armée. Les puissances majeures refusaient de donner à la SDN le droit d'intervenir militairement.
  • Droit de veto : Comme plus tard à l'ONU, les grandes puissances (Royaume-Uni, France) avaient le droit de veto, ce qui paralysait l'organisation en cas de désaccord.
  • Manque de légitimité : La SDN était vue comme un club des vainqueurs, imposant la paix aux vaincus. Le traité de Versailles était si humiliant pour l'Allemagne qu'il créa le ressentiment qui mena à WWII.

Contexte : Alliés de WWII créent nouvelle organisation

Charte de l'Atlantique ([14 août 1941]) : entre USA et Royaume-Uni

Création ONU : [octobre 1945], siège NYC

5 Organes Principaux
  • Assemblée Générale : égalité souveraine ; 1 voix par État
  • Conseil de Sécurité : [15] membres ; 5 permanents (URSS, Chine, Royaume-Uni, France, USA) ; disposent du droit de veto
  • Secrétariat Général : exécute les décisions
  • Conseil économique et social
  • Cour internationale de justice

Force armée : Casques bleus fournis par États membres

L'ONU a été créée avec l'intention de corriger les défauts de la SDN. Dès le départ, les vainqueurs de WWII reconnaissaient que la paix ne pouvait reposer que sur la force.

Contrairement à la SDN, l'ONU disposait d'une force militaire (les Casques bleus) capable d'intervenir. De plus, les États-Unis, directement impliqués après WWII, ont accepté d'être membres permanents.

Le système du Conseil de Sécurité avec droit de veto était un compromis : il permettait aux grandes puissances de protéger leurs intérêts, mais aussi de bloquer les décisions unilatérales des autres.

Cependant, la Guerre froide a paralysé l'ONU pendant 45 ans. Les USA et l'URSS s'utilisaient leur veto mutuellement, rendant le Conseil de Sécurité inefficace. Ce n'est qu'après 1989 que l'ONU a pu opérer plus librement.

Biographie : diplomate, sous-secrétaire général ([1993]), secrétaire général ([1997-2006])

Apports majeurs :

  • Adopte [2005] : principe de "responsabilité de protéger" et "devoir d'ingérence"
  • Multiplication des opérations de maintien de la paix (OMP)
  • Réforme institutionnelle → image moderne
  • Rapport Millénaire ([2000]) : engagement États sur réduction pauvreté, éducation, etc.
  • Action paix + globale (politique + économique + sociale)
Types d'OMP (Générations)
  • 1ère génération (peacekeeping) : Interposition entre belligérants ; obtenir cessez-le-feu
  • 2ème génération (peacemaking + peacebuilding) : Opérations variées ; rétablissement paix ; reconstruction fondations
  • 3ème génération (peace enforcement) : Imposition militaire de paix, indépendante du consentement
Exemples OMP sous ANNAN

MONUA (Angola, [1997-1999]) :

  • Conflit intraétatique : guerre civile [1974], opposition MLPA / UNITA / FNLA
  • Objectif : consolider paix, réconciliation, stabilité
  • Intervention : [3000] soldats, contrôleurs
  • Bilan : [17] morts ONU ; [2002] MLPA gagne ; [500 000] morts ; 1 million déplacés

MINUSIL (Afrique de l'Ouest, [1999-2005]) :

  • Conflit intraétatique : guerre civile [1991], RUF vs gouvernement
  • Objectif : rétablir paix
  • Intervention : Conseil Sécurité autorise casques bleus [2001]
  • Bilan : paix ramenée ; missions successives

Kofi Annan a transformé l'ONU en une organisation plus active et engagée. Avant lui, l'ONU était souvent critiquée comme ineffcace, avec le Conseil de Sécurité paralysé par les vetoes des grandes puissances.

Annan a élargi le concept d'OMP au-delà du simple "peacekeeping" (garder la paix en place). Il a introduit le "peacebuilding" : reconstruire les institutions civiles, renforcer l'État de droit, organiser des élections.

Son concept clé était la "responsabilité de protéger" (R2P) : si un État commet des crimes contre l'humanité, la communauté internationale a le droit et le devoir d'intervenir militairement. Cela a marqué un changement majeur : le droit de souveraineté n'est plus absolu.

Ces opérations en Angola et Sierra Leone ont eu des succès partiels. Elles ont arrêté les guerres civiles, mais n'ont pas éliminé les causes profondes (pauvreté, inégalités). À long terme, la paix durable exige aussi une reconstruction économique et sociale.

🌍Moyen-Orient : Conflits Régionaux et Tentatives de Paix

Région hautement stratégique : Détroit d'Ormuz (hydrocarbures), Détroit Bab el-Mandeb (accès canal Suez), dimensions mondiales

Enjeux multidimensionnels : ethniques (Arabes, Kurdes), religieux (sunnisme/chiisme), économiques (ressources, eau), géopolitiques (interventions USA, Russie, Iran)

Conflits israélo-palestiniens : du refus de reconnaissance à tentatives de paix fragiles (Oslo, Abraham)

Enjeux Ethniques
  • Majorité arabe
  • Kurdes (minorés, sans État)
Enjeux Démographiques
  • Indice de fécondité bas → moins d'explosion démographique
  • Crée tensions sur ressources (terres, eau, hydrocarbures)
Enjeux Religieux
  • 3 grandes religions : judaïsme, christianisme, islam
  • Sunnisme vs chiisme (opposition majeure)
  • Relation État-religion souvent forte (théocraties)
Enjeux Socio-Économiques
  • Écarts richesse énormes (pays pétroliers vs autres)
  • Inégalités internes (élites vs citoyens)

Le Moyen-Orient est une région complexe où plusieurs enjeux se chevauchent et s'entrelacent, rendant la résolution des conflits extrêmement difficile.

Enjeux ethniques : La région est dominée par les Arabes, mais elle compte aussi une importante population kurde. Les Kurdes forment un peuple sans État, dispersé entre la Turquie, l'Irak, la Syrie et l'Iran. Cette absence d'État rend les Kurdes vulnérables aux discriminations et aux violences.

Enjeux religieux : Le Moyen-Orient est le berceau des trois grandes religions monothéistes. Cependant, la division majeure est interne à l'Islam : la division sunnite/chiite remonte au VIIe siècle et structure encore les conflits contemporains. L'Iran chiite est en concurrence avec l'Arabie Saoudite sunnite pour l'influence régionale.

Enjeux économiques : Le Moyen-Orient possède les plus grandes réserves de pétrole du monde. Cependant, cette richesse est distribuée très inégalement. Les pays pétroliers (Arabie Saoudite, Émirats, Koweït) sont extrêmement riches, tandis que d'autres pays (Yémen, Syrie, Palestine) sont pauvres. Cette inégalité crée des tensions.

1. CONTEXTE : Fin WWII et Création d'Israël
  • [Fin WWII] → découverte camps concentration juifs
  • [1945] : création Ligue arabe (Égypte, Syrie, Liban, Irak, Transjordanie)
  • [1946-1947] : Royaume-Uni confie Palestine à l'ONU
  • Commission ONU → partition recommandée ; adoption Assemblée générale [septembre 1947]
2. PREMIÈRE GUERRE ISRAÉLO-ARABE ([1948-1949])
  • [14 mai 1948] : DAVID BEN GURION proclame indépendance Israël
  • [15 mai 1948] : début guerre ; pays arabes veulent destruction Israël (Syrie, Liban, Transjordanie vs Israël)
  • Durée : ~[1] an

Résultats :

  • Jérusalem / 2 (juive + arabe)
  • Gaza occupée par Égypte
  • État palestinien disparaît → plus d'État
  • Cessez-le-feu
  • Nakba ("catastrophe" arabe) : Palestiniens fuient pays ; deviennent réfugiés
3. RENVERSEMENT : Guerre des 6 jours ([1967])

Territoires occupés par Israël :

  • Golan (Syrie)
  • Cisjordanie
  • Bande de Gaza
  • Sinaï (Égypte)
  • [1967] : Israël frappe en 1er
  • Nouvel Nakba pour Palestiniens
  • Fedayins ("héros de résistance") naissent → vus comme terroristes par Israël
  • Proposition Israël post-victoire : Rendre territoires si : traité paix + reconnaissance Israël
4. GUERRE DU KIPPOUR ([1973])
  • Égypte + Syrie attaquent Israël mais Israël résiste et contre-attaque
  • Conséquence : OPAEP (Organisation Pays Exportateurs Pétrole) impose sanctions pétrolières vs USA → 1er choc pétrolier (crise énergétique mondiale)
  • Résultat : aucun changement frontières
5. PREMIÈRE PAIX : Traité Camp David ([1979])
  • AL-SADATE (Égypte) veut négocier → devient "traître" pour pays arabes
  • Camp David ([1979]) : AL-SADATE + JIMMY CARTER (USA) + MENAHEM BEGIN (Israël)
  • Résultat : Égypte reconnaît Israël ; Israël rend Sinaï
  • Implication : Égypte exclue front arabe uni
6. ORGANISATION PALESTINIENNE ET TERRORISME
  • [1964] : création OLP (Organisation Libération Palestine)
  • Loi laïque (sépare religion-politique)
  • Se tourne vers terrorisme → Fedayins
  • Dirigée par YASSER ARAFAT
  • Sous-catégories : Fatah (laïque) / Hamas (islamique, fondé [1987])
7. COLONISATION ([années 1980])
  • Création "colonies juives" hors Israël en Cisjordanie/Gaza
  • Conséquence : Palestiniens chômeurs traversent frontière pour travailler → Israël décide "bouclage des territoires"
8. INTIFADA (Guerres des pierres)

1ère Intifada ([1987-1993]) : commence Gaza

Caractéristiques :

  • Armée israélienne vs civils palestiniens (bâtons, pierres)
  • Fortement médiatisée → choc international
  • Opinion publique mondiale se range derrière Palestine

Bilan :

  • ~1000 civils palestiniens morts
  • ~104 victimes israéliennes
  • Création Hamas ([1987]) lors intifada
  • Résultat : Hamas crée séparation idéologique avec OLP laïque
9. PROCESSUS DE PAIX : Oslo et après
  • [1988] : Jordanie renonce Cisjordanie
  • [1988] : YASSER ARAFAT :
    • Reconnaît État Israël
    • Renonce au terrorisme
    • Hamas s'oppose → scission
  • [1991] : Chute URSS → pays arabes perdent soutien soviétique

Accords d'Oslo ([1993]) :

  • Entre Israël vs OLP (représentation palestinienne)
  • Poignée de main emblématique : YITZHAK RABIN + YASSER ARAFAT + BILL CLINTON

Oslo II ([1995]) :

  • Territoires accordés entité palestinienne (Gaza, Cisjordanie)
  • Mais soldats juifs toujours présents
  • Entité palestinienne contrôle que [20%] territoire

Zones (division ternaire) :

  • Zone A : villes sous contrôle palestinien (ex: Hébron)
  • Zone B : Palestine gère gouvernement ; Israël pouvoir militaire
  • Zone C : colonies ; gérées par Israël
10. DEUXIÈME INTIFADA ([2000-2003])

Basculement médiatique ([septembre 2001] : attentats USA) :

  • Musulmans = terroristes (stigmatisation globale)
  • Médias commencent défendre Israël
  • 2002 : Israël construit "Barrière de sécurité" ([708] km autour Cisjordanie)
  • Israël = protection totale
  • Prépare aussi "Dôme de fer" (défense aérienne)
  • [2005] : Israël retire colonies de Gaza ; élection démocratique
  • Mahmoud Abbas élu
  • [2006] : Élections législatives
  • Hamas gagne (président Fatah)
  • USA coupe fonds (Hamas = terroristes)
  • Hamas gouverne Gaza ; Fatah zone A Cisjordanie → 2 gouvernements opposés
11. SITUATION XXIe SIÈCLE ([2009-2023])
  • [2012] : Palestine devient État non-membre ONU → peut appeler CPI
  • [2016] : Israël crée "bande de sécurité" autour Gaza
  • [2017, DONALD TRUMP] : reconnaît Jérusalem capitale Israël
    • Ville partagée (Juifs + Arabes)
  • MAHMOUD ABBAS accuse Israël crimes de guerre à la CPI
  • USA bloque juges (restrictions bancaires)

[2020] : Accords d'Abraham :

  • Trump convainc pays arabes reconnaître Israël
  • Maroc, Soudan, Arabie Saoudite = relations israélo-arabes
  • Implication : régionalisation conflits ; isolation Palestine croissante
12. DEPUIS [7 OCTOBRE 2023] : GUERRE ACTUELLE
  • [7 octobre 2023] : Hamas défonce barrière sécurité ; attaque massive
  • [Octobre 2025] : cessez-le-feu (pas paix)

Conséquences humaines :

  • +70 000 morts bande de Gaza
  • Traumas psychologiques massifs
  • Blocage aide humanitaire
  • Pénurie médicaments

Conséquences matérielles :

  • Urbanicide = destruction systématique villes Gaza

Conséquences sociétales :

  • Antisémitisme [Flèche haut] (pas tous Israéliens = même catégorie)
  • Migrations israéliennes massives

Militaire :

  • Israël capture chef Hamas
  • Attaques Liban, Syrie, Iran

Juridique ([novembre 2024]) :

  • CPI lance mandat d'arrêt contre NETANYAHOU + chef Hamas (crimes génocide / humanité)

Géopolitique :

  • [Plus de pays] reconnaissent Palestine
  • Cisjordanie : [210] colonies israéliennes
  • Accords Abraham bloqués post-7 octobre

Plan paix ONU :

  • Palestine demande élimination Hamas
  • Paix liée aide humanitaire
13. DEUX GUERRES DU GOLFE

1ère Guerre ([1990-1991]) : Conflit interétatique

  • SADDAM HUSSEIN (Irak) envahit Koweït pour champs pétrolifères
  • ONU demande ultimatum [novembre 1990]
  • USA libère Koweït militairement (coalition ONU)
  • Guerre fortement médiatisée
  • Bilan : [30-100 000] morts ; destruction ; frontière légèrement déplacée

2e Guerre ([2003]) : Conflit multinational

  • [11 sept 2001] : Irak mis sur liste pays dangereux (lien terroristes imputé)
  • [2003] : POWELL (USA) montre "preuves" danger Irak (informations fausses)
  • USA veut coalition ONU ; France, Chine, Russie veto
  • USA part coalition privée ([Pologne, Royaume-Uni, Italie])
  • Guerre éclair [3] semaines
  • But : gouvernement militaire ; bases militaires USA
  • Prend Chiites contre Hussein (Sunnite)
  • Résultat : Échec americain en paix sociale
  • [2011] : Sunnites marginalisés créent Daech ; Américains quittent
  • Destabilisation Irak + Moyen-Orient
14. CAS CONCRETS : Yémen et Syrie

Yémen :

  • [jusqu'1990] : 2 Yémen (Nord arabe, Sud communiste)
  • [2012] : coup d'État → Hadi au pouvoir
  • [2014] : guerre civile ; Houthis vs pouvoir
  • Houthis conquièrent [70%] territoire
  • [2015] : Hadi fuit en Arabie Saoudite
  • Intervention Arabie Saoudite (soutient Hadi)
  • Houthis = chiites → Iran aide
  • Guerre irrégulière en cours avec interventions indirectes (USA, France vendent armes)

Syrie ([mars 2011 - décembre 2024]) :

  • Causes : problèmes politiques + inégalités socio-économiques
  • Forces loyalistes AL-ASSAD vs forces démocratiques syriennes
  • Acteurs : religieux (HTC = Al-Qaïda), milices chiites, Daech
  • Début : guerre civile

Interventions étrangères :

  • USA : contre AL-ASSAD
  • Russie + Iran : pour AL-ASSAD
  • [Décembre 2024] : HTC récupère zones ; AL-ASSAD disparaît
  • Nouveau président : AL JOULANI (AL CHARAA)

Bilan : 7 millions déplacés (externes) ; 6 millions internes ; +500 000 morts + 10 millions blessés

Post-conflit :

  • Kurdes (Nord) veulent autonomie
  • Alaouites (minorité) : favorisés sous Assad → violences actuelles
  • Chiites (minorité religieuse) : défendent Israël → risqués

🗺️Cartographie et Données Stratégiques

Zone Stratégique Importance Acteurs
Détroit d'Ormuz [35%] commerce pétrolier mondial Iran, USA, Émirats
Détroit Bab el-Mandeb Accès canal Suez Yémen, Arabie Saoudite, Érythrée
Cisjordanie Territories occupés Israël, Palestine, colonies [210]
Bande de Gaza Enclave palestinienne [2,3 millions] habitants Israël, Hamas, Égypte
Golan Plateau occupé Israël (depuis [1967]) / Syrie
Koweït Hydrocarbures Irak vs coalition ONU
Îles Kouriles Accès Pacifique ; pêche ; pétrole Russie vs Japon (depuis [1945])
Cachemire Montagneux, partagé Inde vs Pakistan ([1948-present])

Guerres majeures XXe siècle :

  • Guerre 14-18 : ~10 millions morts
  • Guerre 39-45 : ~60 millions morts
  • Guerre Algérie : ~430 000 (civils algériens)
  • Guerres Moyen-Orient : cumulées millions

Interventions ONU [2025] :

  • Casques bleus : ~80 000 déployés mondialement
  • Budget ONU : ~[5 milliards] USD/an

"Foyers de tensions mondiaux [2025]"
  • Moyen-Orient (Israel-Palestine, Syrie, Yémen, Irak)
  • Europe de l'Est (Ukraine-Russie)
  • Asie (Taïwan, Mer de Chine)
  • Légende : conflits en cours, zones d'influence USA/Russie/Chine
"Jérousalem : ville divisée"
  • Quartiers juifs (murs) vs palestiniens
  • Lieux saints (Dôme du Rocher, Mur des Lamentations)
  • Colonies [1990-2024]
"Évolution frontières Israël [1948-2024]"
  • Partition ONU [1947]
  • Guerres [1948], [1967], [1973]
  • Territoires occupés (Golan, Cisjordanie, Gaza)
"Traités de paix mondiaux [XVIIe-XXe]"
  • Westphalie ([1648]), Versailles ([1919]), Traités ONU ([1945+])

✍️Préparation aux Épreuves : Dissertations

Enjeux :

  • Distinguer paix négative (cessation) vs positive (résolution causes)
  • Utiliser exemple Versailles ([1919]) → germe WWII (paix négative)
  • Contraster avec Oslo ([1993]) → tentative paix positive malgré blocages

Conclusion : paix durable = engagement politique + social sur causes profondes

Structure Suggérée
I. Paix négative historiquement fréquente
  • Westphalie (1648) : fin guerre de Trente ans
  • Versailles (1919) : fin WWI
  • Caractéristique : cessation simple, tension persistante
II. Paix positive comme idéal
  • ONU (1945), responsabilité protéger (2005)
  • Objectif : résoudre causes profondes
  • Exemple Oslo (1993) : tentative imparfaite
III. Obstacles à la paix durable
  • Mémoires conflictuelles
  • Désir vengeance générationnel
  • Inégalités persistantes

Introduction

Le sujet interroge la nature même de la paix. Est-ce simplement l'absence de combats, ou faut-il quelque chose de plus ? Cette question est d'une grande actualité car de nombreux conflits contemporains persistent après des "cessez-le-feu" officiels (Moyen-Orient, Afghanistan, Syrie).

I. Paix Négative : Limites Historiques

La paix négative est l'arrêt simple des combats. Elle a caractérisé la plupart des traités historiques.

Westphalie (1648) : Met fin à la Guerre de Trente ans, mais crée simplement un équilibre précaire entre puissances. Les tensions religieuses et politiques persistent.

Versailles (1919) : C'est le meilleur exemple de l'échec de la paix négative. Le traité impose des conditions humiliantes à l'Allemagne (article 231 la déclare coupable, sanctions économiques massives, perte de territoires). Cela crée un ressentiment qui mène directement à WWII.

Problème : Quand le peuple vaincu n'a pas adhéré à la paix, il cherche sa revanche. La cessation des combats n'est que provisoire.

II. Paix Positive : Un Idéal Difficile à Atteindre

La paix positive vise à éradiquer les causes profondes du conflit. C'est l'approche de l'ONU et des théoriciens de la paix (Galtung).

ONU (1945) : Crée un système de sécurité collective supposé traiter non seulement les conflits mais aussi leurs origines (pauvreté, inégalités).

Responsabilité de Protéger (2005) : Concept ANNAN : la communauté internationale doit non seulement arrêter les combats mais aussi reconstruire les États défaillants.

Oslo (1993) : Tentative de paix positive israélo-palestinienne. Elle vise non seulement un cessez-le-feu mais aussi reconnaissance mutuelle et création d'une entité palestinienne. Cependant, elle reste incomplète (colonies continuent, [20%] territoire palestinien seulement).

III. Obstacles à la Paix Durable

Même avec une approche "paix positive", plusieurs obstacles persistent.

Mémoires Conflictuelles : Chaque peuple a sa narration du conflit. Les Allemands voient Versailles comme injuste ; les Français comme juste châtiment. Réconcilier ces mémoires est extrêmement difficile.

Désir de Revanche : Même après des générations, les peuples vaincus cherchent la revanche. L'Allemagne de WWII est motivée par l'humiliation de Versailles (20 ans plus tôt).

Inégalités Persistantes : Si les causes économiques et sociales ne sont pas traitées, la paix ne tiendra pas.

Conclusion

La paix ne peut pas être simplement la cessation des hostilités. Elle exige un engagement profond sur les causes : réconciliation entre peuples, reconstruction économique et sociale, et réforme des structures politiques qui ont engendré le conflit.

Cependant, même les meilleures intentions ne garantissent pas une paix durable. Oslo montre que même une approche positive peut échouer si le contexte géopolitique reste hostile.

Enjeux :

  • Expliquer modèle Clausewitz (guerre = outil politique, proportionnalité)
  • Critique VAN CREVELD : guerres modernes = religieuses/ethniques, pas politiques
  • Exemples : Al-Qaïda (djihad global), Daech (califat), Houthis (idéologique)
  • Acteurs non-étatiques, fins illimitées
Structure Suggérée
I. Clausewitz Pertinent [XVIe-XXe]
  • WWI, WWII, guerres coloniales
  • Guerre = outil d'État, buts politiques clairs
  • Proportionnalité moyens/buts
II. Émergence Guerres Irrégulières Post-[1988]
  • Al-Qaïda (djihad global)
  • Daech (califat territorial)
  • Motifs religieux/ethniques, pas politiques
III. Implication : OMP doit S'adapter
  • 3e génération = peace enforcement
  • Défis spécifiques : terrorisme, asymétrie

Introduction

Carl von Clausewitz a fourni le cadre analytique dominant pour comprendre la guerre pendant plus de 200 ans. Mais les guerres du XXIe siècle, caractérisées par le terrorisme, les mouvements rebelles et les conflits ethniques, semblent ne pas suivre son modèle. La question est donc : Clausewitz est-il obsolète ?

I. Le Modèle Clausewitzien

Prémisse : "La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens"

Cela signifie :

  • La guerre est rationnelle, soumise à des objectifs politiques clairs
  • Les moyens doivent être proportionnés aux buts
  • Une fois l'objectif atteint, la guerre s'arrête
  • La violence est limitée par considérations politiques

Exemples historiques :

  • WWI : États se battent pour le contrôle territorial et l'équilibre des puissances. Même si la violence est massive, les objectifs restent politiques.
  • WWII : Même si Hitler ajoute une dimension idéologique (nazis), l'Allemagne cherche l'expansion territoriale et la domination européenne. C'est clairement un objectif politique.
  • Guerres coloniales : France en Algérie veut maintenir le contrôle politique sur la colonie.
II. Critique de Van Creveld et Limites de Clausewitz

Martin van Creveld, dans The Transformation of War, argues que les guerres contemporaines ne suivent pas le modèle clausewitzien parce que :

  • Acteurs non-étatiques : Al-Qaïda, Daech, milices n'ont pas de structure d'État. Ils ne cherchent pas à conquérir un territoire ou à dominer un État spécifique.
  • Motifs religieux/ethniques : Ces groupes se battent pour imposer une vision religieuse ou pour survivre contre l'oppression perçue, pas pour des objectifs géopolitiques rationnels.
  • Fins illimitées : Contrairement aux États qui cessent de se battre une fois un objectif atteint, ces groupes ont des fins indéfinies (jihad infini, domination perpétuelle).
III. Cas Concrets : Al-Qaïda et Daech

Al-Qaïda :

  • Fondée en 1988, concept du "djihad global"
  • Objectif : combattre les "ennemis lointains" (USA, Europe) et les "ennemis proches" (régimes musulmans modérés)
  • Pas d'objectif territorial : elle opère dans des dizaines de pays
  • Motif religieux : restaurer un "califat" islamique purifié
  • Attentats du 11 septembre : ne visent pas à conquérir les USA, mais à infliger un trauma psychologique

Daech :

  • Créée en 2006, rompt avec Al-Qaïda
  • Établit un califat territorial en Syrie/Irak (2014)
  • Logique plus "classique" que Al-Qaïda, mais elle détruisit le patrimoine culturel et commis génocides contre les minorités
  • Recrutement "brain-low" : profils variés, pas d'élite militaire
IV. Implication : OMP doit S'adapter

Si Clausewitz ne décrit plus les guerres contemporaines, comment les OMP doivent-elles s'adapter ?

  • 1ère génération (peacekeeping) : Simple interposition, suppose que les belligérants veulent une paix négative. Applicable aux conflits interétatiques.
  • 3e génération (peace enforcement) : Imposition militaire, indépendante du consentement. Nécessaire pour les groupes terroristes qui refusent les négociations.
Conclusion

Les guerres irrégulières contemporaines dépassent partiellement le modèle clausewitzien. Clausewitz reste valide pour les conflits interétatiques (où les États ont des buts politiques rationnels). Mais il faut ajouter une nouvelle catégorie pour les guerres irrégulières où les motifs sont religieux/ethniques, les acteurs non-étatiques, et les fins sont indéfinies.

Cela a des implications majeures pour les OMP : on ne peut pas résoudre une guerre irrégulière simplement en traitant les causes politiques (comme pour un conflit interétatique). Il faut aussi traiter les racines religieuses et sociales.

Enjeux :

  • Étudier OMP sous KOFI ANNAN (Angola, Sierra Leone)
  • Cas Moyen-Orient : interventions USA, Russie, Iran → guerres prolongées
  • Exemple Irak ([2003]) : invasion USA → destabilisation, création Daech
  • Cachemire : UNMOGIP depuis [1948] → toujours conflit
Structure Suggérée
I. OMP Succès Limités
  • Peacekeeping simple ; paix fragile
  • Angola, Sierra Leone : arrêt combats, pas solutions longue durée
II. Interventions Extérieures Compliquent
  • Géopolitique : USA, Russie, Iran
  • Exemple Irak : invasion crée Daech
  • Moyen-Orient : interventions multiples contradictoires
III. Paix Régionale = Accord Local
  • Oslo (1993) presque réussi
  • Nécessité consensus local + international

Introduction

Depuis la fin de la Guerre froide, les interventions internationales se sont multipliées. Elles visent officiellement à apporter la paix et la stabilité. Mais la question est : ces interventions réussissent-elles ou aggravent-elles les conflits ?

I. OMP : Succès Partiels et Limites

Opérations sous Kofi Annan :

Angola (MONUA, 1997-1999) :

  • Objectif : arrêter la guerre civile entre MLPA et UNITA
  • Résultat : [3000] casques bleus, bilan [17] morts ONU, mais [500 000] morts au total, 1 million déplacés
  • Succès : les combats se sont arrêtés
  • Limite : après le retrait ONU, MLPA continue d'oppresser UNITA, paix fragile

Sierra Leone (MINUSIL, 1999-2005) :

  • Objectif : arrêter la guerre civile RUF vs gouvernement
  • Résultat : paix atteinte, mais fragile
  • Limite : économie toujours en ruines, aucune reconstruction véritable

Bilan OMP : Elles arrêtent les combats (peacekeeping) mais ne reconstruisent pas vraiment les sociétés (peacebuilding). La paix est donc fragile.

II. Interventions Extérieures : Cas du Moyen-Orient

Cas limite : Irak (2003)

Cet exemple montre comment une intervention peut aggraver la situation.

  • Prétexte : USA affirme que Irak possède des armes de destruction massive. En réalité, aucune preuve (Powell ment à l'ONU avec des "dossiers" falsifiés).
  • Intervention : USA contourne l'ONU (France, Chine, Russie vetent) et lance une coalition privée (Pologne, Royaume-Uni, Italie). Guerre éclair 3 semaines.
  • Résultat immédiat : Renversement de Saddam Hussein (dictateur sunnite). USA établit gouvernement basé sur majorité chiite.
  • Conséquence : Sunnites marginalisés créent Daech en 2011 (scission Al-Qaïda). Daech conquiert Irak, massacre chiites et minorités, établit califat.
  • Bilan : Plus de 500 000 morts, Irak destabilisé, Moyen-Orient emflammé. L'intervention a créé un problème bien pire que celui "résolu".

Cas limite : Moyen-Orient Général

Plusieurs puissances interviennent en Syrie :

  • USA : contre Assad
  • Russie + Iran : pour Assad
  • Résultat : prolongement de la guerre civile

Ces interventions contradictoires empêchent une solution. Chaque puissance étrangère soutient une faction, ce qui complique les négociations locales.

III. Cachemire : Cas d'Échec Long Terme

UNMOGIP depuis 1948 : Opération de maintien de la paix entre Inde et Pakistan pour le Cachemire. Bilan : toujours en conflit après 75 ans.

Cela montre que même une présence ONU prolongée ne peut pas résoudre un conflit si les parties ne veuillent pas négocier.

IV. Paix Régionale = Accord Local

Oslo (1993) : Exemple de ce qui marche partiellement.

  • Intervention modérée : USA médiatrice (rôle positif), pas intervention militaire
  • Accord local : Israéliens et Palestiniens se reconnaissent mutuellement
  • Résultat : paix fragile, certains succès (Gaza, zones A/B)
  • Limite : colonies continuent, interventions de droite israélienne (assassinat Rabin en 1995), accord incomplet
Conclusion

Les interventions internationales ont des effets mixtes. Les OMP (peacekeeping simple) peuvent arrêter les combats mais ne reconstruisent pas vraiment les sociétés. Les interventions militaires unilatérales (comme Irak 2003) peuvent aggraver les choses.

La stabilité régionale durable exige :

  • Accord local (les parties doivent vouloir la paix)
  • Consensus international (pas d'interventions contradictoires)
  • Médiation douce, pas imposition militaire
  • Reconstruction économique et sociale à long terme

🎤Grand Oral : Pistes de Réflexion

Problématique : Région connaît [75+ ans] tensions (depuis [1948]). Malgré ONU, interventions, traités (Camp David [1979], Oslo [1993], Abraham [2020]), guerres persistent.

Développement
  • Causes structurelles : enjeux ethniques (Arabes/Kurdes), religieux (Sunnisme/Chiisme), économiques (hydrocarbures, eau), historiques (colonialisme, Nakba)
  • Mémoires conflictuelles : chaque peuple raconte "sa" version (Nakba palestinienne vs droits historiques juifs)
  • Interventions étrangères : USA, Russie, Iran compliquent (pas accord régional)
  • Paix négative vs positive : traités arrêtent combats mais pas causes (Oslo : [20%] territoire palestinien, colonies continuent)

Conclusion : Paix au Moyen-Orient exige non seulement accord politique local, mais consensus international (USA, Russie, Iran) → rare

Le Moyen-Orient offre un laboratoire parfait pour étudier pourquoi la paix durable est si difficile. Depuis la création d'Israël en 1948, la région connaît une succession de guerres, de tentatives de paix, et d'interventions internationales. Pourtant, la paix durable reste insaisissable.

I. Causes Structurelles

Les conflits au Moyen-Orient ne sont pas simplement politiques. Ils sont multidimensionnels.

Enjeux ethniques : Arabes vs Kurdes, Juifs vs Arabes. Ces distinctions ethniques créent une hiérarchie : certains groupes dominent, d'autres sont marginalisés. La Nakba palestinienne (expulsion de 1948) a créé une génération de réfugiés dont les droits ne sont toujours pas reconnus.

Enjeux religieux : Sunnisme vs chiisme. Cette division date du VIIe siècle mais structure les conflits contemporains. L'Iran chiite s'oppose à l'Arabie Saoudite sunnite pour l'influence régionale. Cette rivalité religieuse complique les négociations, car elle engage des identités profondément enracinées.

Enjeux économiques : Le Moyen-Orient possède 48% des réserves pétrolières mondiales. Mais cette richesse est très inégalement distribuée. Les pays pétroliers (Arabie Saoudite, Émirats) sont riches ; les autres (Palestine, Yémen, Syrie) sont pauvres. Cette inégalité crée des tensions et alimente les conflits.

II. Mémoires Conflictuelles

Chaque peuple raconte une histoire différente du conflit.

Côté palestinien : La Nakba (1948) est l'expulsion de 700 000 Palestiniens. Pour eux, c'est une catastrophe, un nettoyage ethnique. Leurs droits de retour ne sont toujours pas respectés.

Côté israélien : La création d'Israël est une légitimité historique. Les Juifs ont un lien historique à la terre, et Israël est vu comme un refuge après l'Holocauste.

Ces deux narratifs sont incompatibles. Comment réconcilier le "droit de retour" palestinien avec la "sécurité" israélienne ? TODOROV dit que l'historien doit séparer les rôles du politicien et de l'historien. Mais c'est exactement le problème : les mémoires politiques conflictuelles empêchent une compréhension objective de l'histoire.

III. Interventions Étrangères

Le Moyen-Orient ne peut pas se résoudre localement, car les puissances étrangères (USA, Russie, Iran, France) y interfèrent constamment.

  • USA : Soutient Israël depuis 1948. Base militaires au Qatar, aux Émirats. S'oppose à l'Iran.
  • Russie : Soutient Assad en Syrie, complicité dans les crimes de guerre.
  • Iran : Soutient les Houthis au Yémen, les milices chiites en Irak.
  • France : Vend des armes à Arabie Saoudite (usage au Yémen).

Ces interventions contradictoires perpétuent les conflits. Chaque puissance étrangère soutient une faction, ce qui rend les négociations locales impossibles.

IV. Échecs des Traités de Paix

Plusieurs tentatives ont échoué ou partiellement réussi.

Camp David (1979) : Égypte et Israël signent la paix. Succès : Israël rend Sinaï à l'Égypte. Mais cela isole l'Égypte du reste du monde arabe. Anwar Sadate est même assassiné pour avoir "trahi".

Oslo (1993) : Israéliens et Palestiniens se reconnaissent mutuellement. Succès partiels : création d'une autorité palestinienne, cessez-le-feu durable (15 ans). Mais limite majeure : Israël ne cède que [20%] du territoire palestinien. Les colonies continuent de s'étendre. Les Palestiniens sont "emprisonnés" dans des zones (A/B/C).

Abraham (2020) : Trump convainc pays arabes (Maroc, Émirats, Soudan) de reconnaître Israël. Succès économique : commerce, investissements. Mais limite : Palestine est abandonnée. Ces pays arabes sacrifient les Palestiniens pour des intérêts commerciaux avec Israël.

V. Situation Actuelle (7 octobre 2023)

L'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 marque un tournant. La réaction israélienne a été extrême : 70 000+ morts à Gaza, destruction urbaine massive ("urbanicide"). La CPI ouvre des enquêtes pour crimes de génocide et humanité.

Cette nouvelle escalade est symptomatique : les négociations (Oslo, Abraham) ont échoué à résoudre les causes profondes. Les Palestiniens restent opprimés, les Israéliens insécurisés. La violence revient.

Conclusion

La paix au Moyen-Orient reste insaisissable parce qu'elle exige non seulement un accord politique entre israéliens et palestiniens, mais aussi :

  • Réconciliation des mémoires conflictuelles (très difficile)
  • Consensus géopolitique international (USA, Russie, Iran acceptent la même paix)
  • Reconstruction économique et sociale (très coûteux)
  • Changement du statut quo politique en Israël (droite resiste)

Tant que ces conditions ne sont pas réunies, la paix durable restera hors de portée. Le Moyen-Orient est donc un exemple paradigmatique de pourquoi la paix positive (résolution des causes) est si difficile à atteindre.

Problématique : ONU déploie [80 000] casques bleus. Succès Angola, Sierra Leone vs échecs Irak, Syrie, Palestine.

Développement
  • OMP 1ère génération : peacekeeping simple (interposition) → utile mais limité
  • OMP 3e génération : peace enforcement (imposition) → plus efficace militairement (ex: libération Koweït [1991]) mais crée ressentiment
  • Obstacle maj : OMP traitent symptômes (cesser-le-feu), pas causes (pauvreté, inégalités, mémoires)
  • Limite géopolitique : veto 5 membres permanents (ex: USA bloque ONU sur Irak [2003]) → impuissance ONU

Exemple contre-productif : Irak [2003]

  • USA contourne ONU
  • Renverse Hussein (Sunnite)
  • Favorise Chiites
  • Crée Daech [2011]
  • Guerres irrégulières [2003-present]

Conclusion : OMP efficace pour peacekeeping (maintenir status quo) ; inefficace pour peacebuilding (reconstruire paix durable). Exige accord régional (Oslo tentait ; Palestine demand+ juste, Israël concessions insuffisantes)

Introduction

L'ONU déploie actuellement 80 000 casques bleus dans le monde. L'idée est que la présence internationale peut arrêter les conflits et apporter la paix. Mais est-ce efficace ?

I. Trois Générations d'OMP

Les opérations de maintien de la paix ont évolué depuis 1956.

1ère génération (peacekeeping) : Interposition simple. Les casques bleus se positionnent entre deux belligérants pour observer le cessez-le-feu. Exemple : Chypre (depuis 1964). Efficace pour arrêter les combats, mais ne résout rien à long terme.

2ème génération (peacemaking + peacebuilding) : Après la Guerre froide. OMP non seulement arrêtent les combats mais aussi font respecter les droits de l'homme, organisent des élections, reconstruisent les institutions. Exemple : Angola (MONUA, 1997-1999). Partiellement efficace.

3ème génération (peace enforcement) : Imposition militaire, indépendante du consentement. Les casques bleus ne demandent pas la permission ; ils imposent la paix. Exemple : Libération du Koweït (1991) par coalition ONU. Très efficace militairement.

II. Succès : Angola et Sierra Leone

Angola (MONUA) : Opération modeste (3000 casques bleus, 17 morts ONU). Résultat : après 20 ans de guerre civile, les combats se sont arrêtés. MLPA a consolidé le pouvoir. Bilan mixte : succès militaire (cessez-le-feu), limite économique (pauvreté persiste).

Sierra Leone (MINUSIL) : Guerre civile entre RUF (groupe rebelle très violent) et gouvernement. OMP intervient avec success : RUF désarmé, élections démocratiques. Paix fragile mais mieux qu'avant.

Bilan : Ces opérations ont arrêté les combats, ce qui est déjà un succès. Mais elles n'ont pas éliminé la pauvreté ou les inégalités qui causaient les guerres. La paix reste fragile.

III. Échecs : Palestine, Irak, Cachemire

Palestine : Plusieurs tentatives ONU ont échoué ou partiellement réussi. Oslo (1993) a créé une autorité palestinienne, mais Israël n'a jamais accepté d'accorder l'indépendance complète ni de stopper les colonies. Aujourd'hui, Palestiniens sont dans des zones fragmentées.

Irak (2003) : C'est un cas où l'intervention a empiré les choses. USA contourne l'ONU, lance une invasion pour renverser Saddam. Conséquence : Sunnites marginalisés, Chiites au pouvoir, création de Daech, millions de morts. L'intervention a créé un cauchemar bien pire que le régime précédent.

Cachemire (UNMOGIP depuis 1948) : 75+ ans de présence ONU, et le conflit persiste. Inde et Pakistan refusent toujours de négocier sérieusement.

IV. Limites Structurelles des OMP

Limitation 1 : Traitement des symptômes, pas des causes

Les OMP arrêtent les combats (symptôme) mais ne résolvent pas les causes : pauvreté, inégalités, oppression politique, mémoires conflictuelles. C'est comme traiter une fièvre sans soigner l'infection.

Limitation 2 : Dépendance du consentement local

Les OMP ne fonctionnent que si les belligérants veuillent la paix. Si une faction refuse (ex: Hamas refuse Oslo), les OMP ne peuvent rien faire.

Limitation 3 : Absence de mandat militaire suffisant

Les casques bleus ne sont généralement pas autorisés à imposer la paix. Ils peuvent interposer et observer, mais ils ne peuvent pas vraiment combattre. Cela les rend vulnérables.

Limitation 4 : Manque de ressources pour la reconstruction

Le budget ONU pour les OMP est d'environ 5 milliards $ par an pour 80 000 casques bleus. C'est énorme, mais insuffisant pour la reconstruction (écoles, hôpitaux, routes) qui exigerait des centaines de milliards.

V. Limite Géopolitique : Veto des 5 Permanents

Le Conseil de Sécurité a 5 membres permanents (USA, Russie, Chine, Royaume-Uni, France) avec droit de veto.

Exemple Irak (2003) : USA veut envahir l'Irak. France, Chine, Russie votent contre à l'ONU. USA contourne le système, forme une coalition privée, et envahit de toute façon. L'ONU est paralysée.

Exemple Syrie : Russie et Chine vetent les résolutions ONU demandant l'intervention. Conséquence : Assad massacre 500 000 Syriens, et l'ONU ne peut rien faire.

Conclusion

Les OMP sont efficaces pour une seule chose : arrêter les combats (peacekeeping). Pour cela, elles valent le coût.

Mais elles sont inefficaces pour résoudre vraiment les conflits (peacebuilding). Les causes profondes (pauvreté, inégalités, mémoires blessées) restent non résolues.

De plus, les OMP sont paralysées par la géopolitique. Si une grande puissance s'y oppose, elle peut vetero l'action ONU.

Conclusion : Les OMP sont nécessaires mais insuffisantes. Pour une paix vraiment durable, il faut :

  • Accord régional local (les parties doivent vouloir la paix)
  • Consensus géopolitique (pas de grandes puissances rivales)
  • Reconstruction à long terme (coûteux, engageant)
  • Réconciliation des mémoires (très difficile)

🎯Conclusion Synthétique

Faire la guerre, faire la paix résume les défis de la stabilité internationale depuis Westphalie ([1648]).

Évolutions Clés
  • Révolution militaire ([XVIe-XVIIIe]) : monopole État, guerres régies raison d'État (Clausewitz)
  • Guerres de masse ([1792+]) : passion idéologique, montée aux extrêmes
  • Guerres irrégulières ([1988+]) : acteurs non-étatiques, motifs religieux/ethniques
Paix Durable Exige
  • Résolution causes profondes (paix positive, pas négative)
  • Accord régional local (Oslo : presque ; Moyen-Orient : à poursuivre)
  • Consensus géopolitique international (USA, Russie, Chine)
  • Mémoires réconciliées, pas occultées
Enjeu [2025]

Conflits se "transnationnalisent" (Moyen-Orient + Ukraine + Taïwan). ONU + CPI doivent adapter OMP pour paix durable, pas cessation temporaire.

À Mémoriser pour le BAC

[1648] Westphalie | [1919] Versailles | [1945] ONU | [1993] Oslo | [2005] Responsabilité de protéger

CLAUSEWITZ : "guerre = continuation politique" | TODOROV : "séparer politicien et historien" | WILSON : [14 points]

Distinction : paix négative / positive | peacekeeping / peace enforcement | guerre réelle / absolue